Marans. La poule internationale aux œufs extra roux devra cohabiter avec les adeptes du fitness

Raillé par les uns, porté au pinacle par les autres, le poulailler conservatoire de la poule de Marans ne laisse personne indifférent, même en l’absence de gallinacés.

Le poulailler de Marans ©Yannick Picard
Le poulailler de Marans verra bientôt l’installation d’appareils de fitness. (©Yannick Picard).

Qui de la poule ou de l’œuf est arrivé en premier ? Cette maxime pourrait à elle seule résumer assez bien la situation a laquelle est confronté le poulailler conservatoire de la poule de Marans construit par l’ancien maire élu de 2014 à 2020, Thierry Belhadj.

Retour en arrière. À l’époque, visionnaire ou pas, il appartiendra à l’histoire de le dire, l’édile décide de tout miser sur la célèbre cocotte de renommée internationale. À tel point que Thierry Belhadj se fait grand maître de la Confrérie de la poule de Marans et de son œuf extra-roux.

Covid-19 et grippe aviaire

Il décide également de faire construire un poulailler conservatoire de la race pour plus de 300 000 euros. La pilule ne passe pas pour l’opposition, alors emmené par Jean-Marie Bodin, dont l’ambition qu’il n’a d’ailleurs jamais cachée, est bien de devenir calife à la place du calife.

Les urnes lui ont donné raison en 2020 avec pour héritage ce fameux poulailler qu’il avait tant décrié auparavant.

Depuis, le Covid-19 est passée par là, la grippe aviaire également et les braves bestioles se sont envolées. Très rapidement après avoir raflé la timbale électorale, Jean-Marie Bodin a décidé de fermer le sanctuaire de la Marans à plumes.

La poule c’est tendance

La Confrérie a quant à elle, été contrainte de réduire la voilure. Mais elle vient de revenir aux affaires avec la ferme intention d’écrire de nouveaux chapitres. Le 16 juillet dernier, sa présidente Mélanie Galliot, ancienne adjointe de Thierry Belhadj l’assurait en parlant de l’avenir du poulailler, « il faut que tout le monde s’assoie autour d’une table ».

Ce que confirmait sans ciller son mari, Laurent, élu municipal d’opposition. Car n’en déplaise aux rabat-joie, la poule c’est tendance. Encore plus lorsqu’elle provient du chef-lieu de canton de la Communauté de communes Aunis Atlantique et que ses 10 variétés s’exportent dans le monde entier. Alors comme le dit une autre maxime, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

« La poule de Marans et ses œufs font partie du patrimoine de la commune et sont très largement connus. En 2019, un poulailler conservatoire a été inauguré pour valoriser cette race locale. Ce lieu a un double objectif : éducatif et touristique. Nombreux promeneurs viennent à Marans pour découvrir l’histoire de cette poule et font une halte au poulailler pour l’admirer », écrit le service communication de la mairie de Marans.

Et de poursuivre, « la municipalité actuelle travaille avec ces associations pour continuer à mettre en lumière cet animal et ses œufs et ainsi, les faire rayonner sur le territoire ». Encore pour cela faudrait-il que les poules soient au rendez-vous dans un poulailler fermé en septembre 2021 par la nouvelle municipalité.

« Pour répondre aux préconisations de l’association  Marans-Club de France, la municipalité a pris la décision d’effectuer des travaux de mise aux normes du poulailler pour améliorer la qualité de vie des poules », assure-t-on du côté de la mairie.

Des travaux ont été effectués en ce début d’année. Mais pas d’agrandissement des box comme cela avait été évoqué en conseil municipal. Il est aujourd’hui question d’une, « réflexion d’ensemble ».

Un poulailler fitness

Et d’un certain nombre de perspectives. « Nous n’avons pour l’instant aucune directive de la Préfecture sur la possibilité de réintroduire les poules. Cependant, la municipalité souhaite continuer à faire vivre ce lieu malgré les contraintes sanitaires.

Un travail est en cours avec une association marandaise pour la création de panneaux explicatifs sur l’histoire de la poule. De plus, des équipements fitness vont être mis en place cet été aux alentours du poulailler, pour que les Marandais s’approprient cet espace », conclut le maire de Marans.

Comme quoi, il va peut-être faire bon courir la volaille à Marans, avec ce concept inédit de poulailler fitness… Toujours pas de pétrole en Aunis Atlantique, mais bel et bien des idées!


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article, Marans, Société, Vie des communes