Surgères. L’ancien boulanger d’une grande enseigne de supermarché ne pétrissait pas que les miches de pain

Un quadragénaire était accusé devant le tribunal judiciaire de La Rochelle d’agression et de harcèlement sexuel sur deux de ces très jeunes collègues.

Agression sexuelle fesses miches ©Adobe Stock illustration
L’ancien boulanger aimait d’un peu trop près ses collègues féminines de 18 ans. (©Adobe Stock illustration)

Des faits qui ont eu lieu entre février 2018 et octobre 2019 en partie dans la boulangerie d’une grande enseigne de supermarché à Surgères. Mais ce mardi 6 septembre, face au président du tribunal, Ludovic à la mémoire qui flanche, « je n’ai pas de souvenir ».

Assise derrière lui sur le banc des parties civiles, Marie-Lou qui n’avait que 18 ans au moment des faits se souvient à l’inverse parfaitement de ce que lui a fait subir le boulanger. Une autre victime Caroline-Anne n’est pas venue.

Maître Eva Lousteau avocate de la première jeune femme précise :

la seconde victime a peur de lui. Elle ne s’est pas constituée partie civile. Depuis elle a d’ailleurs demandé à changer de poste dans le supermarché ».

Le prévenu dont le casier est vierge et qui est divorcé est actuellement au chômage, « mais je vais retrouver très vite du travail ».

Tout commence par des échanges de messages sur les réseaux sociaux. Marie-Lou devient très vite mal à l’aise sur son lieu de travail, « il faisait toujours des allusions à caractère sexuel ». En avril 2019 elle est victime à deux ou trois reprises, de claques sur les fesses et d’attouchements sur sa poitrine de la part de l’accusé.

Un soir, Ludovic glisse ses mains entre les cuisses de Marie-Lou

Et puis un soir, Ludovic glisse ses mains entre les cuisses de Marie-Lou alors qu’il la ramenait en voiture. « Ma cliente était sidérée », poursuit Maître Eva Lousteau. « Jamais je n’aurai imaginé avoir une relation avec lui », confie la jeune femme.

Tous les collègues du boulanger interrogés dans le cadre de la procédure étaient unanimes, « il était très porté sur le sexe ». « Vous vous autorisiez des mains baladeuses ? », cherche à savoir le tribunal. Nouveau trou de mémoire pour Ludovic, « les fessées je ne m’en souviens plus ».

Et puis est survenue cette soirée du 29 août 2019. Ce soir-là, Marie-Lou a invité ses collègues de travail pour fêter son anniversaire. Alors qu’elle est en train de prendre des boissons dans le frigo, Ludovic arrive derrière elle. Il lui passe une main sous sa jupe, écarte sa culotte et touche son sexe. Là sa mémoire revient un peu, « j’ai juste caressé sa culotte. Je n’ai pas été plus loin ».

La jeune femme assure qu’il est allé plus loin. Malgré tout, après l’heure des trous de mémoire arrive celle du mea culpa.

Je n’explique pas mon geste. Je n’ai pas vu que je ne lui plaisais pas. J’ai décidé de rester célibataire après l’épisode de la cuisine. Comme ça, je ne dérange personne ».

Point commun entre les victimes, 18 ans

Pour le ministère public, « il avait un schéma dans sa tête. Il y avait un point commun entre les victimes : leur âge, 18 ans. Que se serait-il passé si l’une d’elles n’avait pas déposé plainte ? ».

Une peine de 8 mois de prison avec sursis est requise. Ludovic est seul à assurer sa défense, « je n’ai rien à dire. Je me suis mal comporté. Toutes mes excuses ne vont pas réparer ce que j’ai fait ».

L’ancien boulanger a écopé de 8 mois de prison avec sursis avec obligations de se soigner et d’indemniser la victime. Il a interdiction de l’approcher et devra faire un stage de lutte contre le sexisme. Le tribunal a constaté son inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles et violentes (Fijais).


Publicités


article, Faits divers, Surgères, Vie des communes