Sainte-Soline. Le collectif « Bassines Non Merci » demande un moratoire sur le projet de méga-bassines

Après la manifestation du 29 et 30 octobre dernier, les militants anti-bassines continuent leur combat contre les réserves de substitution en demandant un moratoire sur le projet de méga-bassines.

Les anti-bassines demandent un moratoire sur les projets de réserves de substitution. (©Ludovic Sarrazin, illustration)

Quatre jours après la mobilisation anti-bassines, la tension est redescendue, certes, mais les militants sont toujours remontés contre le gouvernement et son ministère de l’Intérieur.

Les affrontements avec les forces de l’ordre ont laissé des traces, pour autant, les anti-bassines veulent continuer leur combat. Et pour cause. Leur mouvement a déjà permis de suspendre le chantier dans la commune des Deux-Sèvres.

Nous avons pu constater ce matin que le chantier de la méga-bassine de Sainte-Soline était pour l’heure suspendu. C’est une nouvelle victoire d’étape pour le mouvement de résistance contre les méga-bassines, après la mobilisation des 29 et 30 octobre, d’une ampleur et d’une détermination inédite », se réjouit le collectif Bassines Non merci.

Mercredi dernier, certains militants sont revenus sur les lieux de la manifestation à Sainte-Soline pour évoquer ces deux jours qui ont fait couler beaucoup d’encre.

Pour le moment, pas de rassemblement, en revanche, les anti-bassines ont demandé un moratoire sur ces projets de réserves d’eau considérés comme des « aberrations écologiques ».

« Nous exigeons un moratoire »

Dans les Deux-Sèvres, 16 méga-bassines doivent être construites, au profit d’un groupement de 400 agriculteurs réunis dans la Coop de l’eau. Une « aberration écologique » longtemps dénoncée par les militants écologistes.

Mais, aujourd’hui, ces manifestants assidus veulent aller encore plus loin et propose un moratoire sur ce projet de méga-bassines.

Au vu de l’urgence climatique et de l’état critique de dégradation des sols et cours d’eau, un moratoire sur les projets de méga-bassines doit maintenant être annoncé par le gouvernement, c’est à dire un arrêt définitif du chantier de Saine-Soline et une suspension des autre projets de méga-bassines dans les Deux-Sèvres et ailleurs », affirme le collectif.

La plus grosse de ces réserves possède une capacité d’environ 650 000 mètres cubes, soit l’équivalent de 260 piscines olympiques. Soutenu par l’État, le projet devrait coûter au minimum 60 millions d’euros, financé à 70 % par des subventions publiques.

Une somme colossale qui sonne faux dans les oreilles des écologistes qui considère ces futures réserves comme un « accaparement de l’eau » par l’agro-industrie à l’heure du réchauffement climatique et des sécheresses à répétition.

Ce moratoire doit s’accompagner d’une concertation large sur le partage de l’eau et l’appui à des pratiques paysannes locales protectrices de la biodiversité », précisent Bassines Non Merci.

Toutefois, les militants anti-bassines semblent encore ouvert à la discussion malgré les altercations du week-end dernier. Comme en Charente-Maritime, les anti-bassines espèrent pouvoir faire condamner les porteurs de projets.

Pour rappel, l’association des Roches avait réussi à faire annuler en appel les projets de bassines au nord de la Charente-Maritime en 2020.devant le tribunal administratif de Poitiers

Un véritable bras de fer

« Sans la confirmation d’un tel moratoire d’ici quinze jours, le large mouvement de défense de l’eau annoncera une série d’actions locales et une nouvelle mobilisation nationale. »

Les anti-bassines ont posé leur ultimatum. Le gouvernement a 15 jours pour prendre une décision sur les projet de méga-bassines. Et pas seulement en Deux-Sèvres. Dans le cas contraire, d’autres manifestations pourraient s’organiser dans les prochaines semaines.

Nous ne doutons pas que si le gouvernement s’obstinait à passer en force sur les projets de méga-bassines et à s’inféoder au lobby agro-industriel, nous serons bien plus nombreux.ses et résolu.es encore lors d’un prochain rendez-vous.

Si le gouvernement ne décide pas d’agir, une nouvelle date de « mobilisation nationale et de désobéissance civile » sera annoncée. A proximité du site, une tour de guet a d’ailleurs été construite pour surveiller les mouvements du chantier de Sainte-Soline.

Le gouvernement, aux abois, agite l’épouvantail grotesque de l’éco-terrorisme mais c’est bien lui qui appuie et finance aujourd’hui des crimes contre l’eau et les terres. S’il persiste à passer en force et à imposer des dispositifs d’accaparement de l’eau pour un modèle agro-industriel toxique, une nouvelle date de mobilisation nationale et de désobéissance civile sera annoncée d’ici 15 jours. », souligne les militants dans un communiqué.

Alors, La guerre de l’eau va-t-elle bientôt commencée en France ? Avec des avis tranchés sur la question, aberration écologique pour les uns, nécessité industrielle pour les autres, les militants et les agriculteurs n’arrivent pas à trouver un juste milieu, et le gouvernement non plus.

Les deux camps se renvoient la balle. D’un côté, la colère des manifestants grondent, et de l’autre, le gouvernement ne digère toujours pas les faits.

La Première ministre Élisabeth Borne a de nouveau dénoncé mercredi devant le Sénat « des scènes inacceptables et profondément choquantes ». Affaire à suivre.


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