Moustique commun et moustique tigre, un fléau qui coûte cher en Charente-Maritime

Tous les étés, les moustiques reviennent agacer les touristes et les locaux malgré les moyens humains et financiers importants  déployés par le Département de la Charente-Maritime.

1.5 million d'euro est consacré à la lutte contre le Moustique en Charente-Maritime
1.5 million d’euro par an est consacré à la lutte contre le moustique en Charente-Maritime. (©Adobe Stock illustration).

Moustique commun ou moustique tigre, il est toujours le fléau des vacanciers et des charentais-maritimes à l’heure de l’apéro ou encore la nuit. Et sa prolifération a été particulièrement accentuée cet été dans le département par les pluies abondantes et la chaleur.

Et il n’est pas facile de s’en débarrasser, pourtant la lutte contre l’insecte dure depuis 1968. Un service est même spécialement dédié à la petite bête, le service de démoustication de la Charente-Maritime, qui compte pas moins de 19 agents. Un service qui un coût, 1,5 million d’euro par an.

Ces agents spécialisés travaillent toute l’année à la prévention et la lutte contre le “Culicidae” avec notamment la pose de pièges aux endroits qui sont susceptibles d’être envahis par les moustiques. “Nous sommes l’opérateur de l’Agence régionale de santé (ARS Nouvelle Aquitaine, ndlr) pour mettre en place des actions de surveillance et de traitement contre tous les moustiques qui sont vecteurs potentiels de maladies dont le moustique tigre“, explique Dominique Rabelle, maire de Saint Georges d’Oléron et vice-présidente en charge de l’habitat au Département de la Charente-Maritime.

Deux missions distinctes incombent donc au Département, la première c’est la lutte contre le moustique commun, “le moustique habituel de nos régions, celui de l’apéro. Donc ça, c’est la compétence départementale et s’ajoute à celle-ci depuis 2018 une autre compétence qui est une compétence sanitaire, financée entièrement par l’État, la lutte contre le moustique tigre éventuellement porteur de maladies comme le chikungunya, la dengue etc“, souligne la vice-présidente.

Des pièges et des produits

La lutte contre les moustiques qu’ils soient communs ou tigre se traduit par la pose de pièges ce qui permet de les recenser mais aussi par des traitements via un produit bio homologué par l’Europe (le bacille de Thuringe). “On réalise un traitement par petites quantités sur les endroits où on en a repéré, mais il n’est pas question de détruire tous les moustiques, on régule la population seulement, car le moustique est important pour la biodiversité“.

Le moustique Tigre en action. ©Anses
Le moustique Tigre en action. (©Anses)

Cinq communes touchées par le moustique tigre

La lutte se concentre principalement sur les zones littorales à forte concentration touristique sans oublier tout de même l’arrière pays. C’est une action “pour l’économie “, indique Dominique Rabelle et d’ajouter, “si on ne lutte pas contre le moustique, les campagnes se vident, les restaurants, etc. Les touristes ne viennent pas. Et puis, depuis 2018, on lutte contre le moustique tigre, qui lui, est implanté en Charente-Maritime et en particulier dans cinq communes“.

La ville de Saintes a été la première touchée. Chaniers, Nieul-sur-mer, Périgny et enfin Saint Georges d’Oléron sont les autres villes qui connaissent le moustique tigre en concentration plus importante. “Le moustique tigre est un moustique qui ne se déplace pas beaucoup, seulement sur quelques centaines de mètres. Mais en revanche, ils aime beaucoup les moyens de transport humains, c’est à dire les voitures, les camions, les autobus et les avions“.

C’est pour Dominique Rabelle l’explication de sa présence dans des villes proches de grands axe routiers. A une exception près, sa propre ville, Saint Georges d’Oléron. “Comme Saint Georges est une ville touristique, je pense que le moustique est arrivé avec les voitures des touristes et qu’il a ensuite proliféré“.

Une lutte citoyenne

Mais pour la vice-présidente tout le monde doit se sentir concerné par la lutte contre le moustique en règle générale et le moustique tigre en particulier. “La femelle du moustique tigre est capable de pondre dans un simple bouchon de bouteille en plastique remplit d’eau, une coupelle, un pot de fleur. Il faut donc que chacun reste vigilant“.

Et pour aider l’habitant et le touriste à repérer, reconnaitre le moustique et s’informer, un site internet existe, celui de Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, signalement-moustique.anses.fr mais également une application smartphone, I Moustique. (pour Android et Iphone) Cette dernière ne repoussera pas le moustique mais permettra de le reconnaitre et de signaler facilement sa présence.

En 2020, 61 cas de Dengue importés ont été signalés en Nouvelle-Aquitaine et aucun cas autochtone.

La Journée mondiale du Moustique ce sera vendredi 20 août
“Elle commémore la découverte de Sir Ronald Ross. Ce médecin britannique constate en 1897 que la malaria se transmet par la piqûre du moustique. Ces insectes peuvent transporter et transmettre des maladies potentiellement mortelles”.

Par Ludovic Sarrazin. Twitter : @LSarrazin17 @aunistv


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