Marsilly. Etonnamment le touriste se fait encore attendre au petit port de La Pelle

Alors que la saison s’annonce prometteuse, le touriste se fait rare cette année au petit port conchylicole Marsellois de La Pelle. L’ensemble des acteurs du site s’interroge.

Serge Billard et Tony Guegan au port conchylicole de La Pelle à Marsilly ©Yannick Picard
Serge Billard et Tony Guegan au port conchylicole de La Pelle à Marsilly. (©Yannick Picard)

L’été 2022 sera à marquer dans les annales. Comme partout ailleurs il fait très chaud au port de La Pelle à Marsilly. Pour autant, alors que le touriste semble être présent partout ailleurs en Charente-Maritime, il n’enflamme plus de son passage les cabanes conchylicoles Marselloises. Pourtant rien n’a bougé depuis les années précédentes dans ce décorum de cartes postales.

Selon les données du Conseil Départemental de la Charente-Maritime, l’endroit voyait passer jusqu’à présent 80 000 visiteurs chaque année. Qu’en sera-t-il en 2022 ? « Les touristes doivent faire le détour. L’autre jour, j’ai demandé à la policière municipale si elle venait enlever les sens interdits », ironise Serge Billard, patron d’un « resto cabane » à La Pelle.

Trois fois moins de touristes

Celui qui depuis 2019 fait bouillir la marmite touristique au piano d’une cabane propriété de la mairie, sorte d’auberge Espagnole des arts de la bonne franquette et du tourisme ne cache pas sa déception.

Ce n’est pas mirobolant. Je ne vais pas finir sur une bonne saison. Depuis l’ouverture fin avril il y a eu entre 1 500 et 1 700 passages. Sur la saison de 2020, il y en avait 4 500 et 6 000 en 2021″.

Serge Billard avait annoncé en avril dernier qu’il raccrocherait définitivement en septembre prochain. C’est toujours le cas quels que soient les chiffres, « à 66 ans j’ai décidé de tourner la page ».

De l’amertume Malgré tout pour le grand gaillard au cœur d’artichaut qui aurait pu voir dans le nouveau partenaire de la cabane, le chef traiteur à domicile Tony Guegan son potentiel successeur, candidat au nouvel appel d’offres de la mairie. « Ça a tout de suite bien matché entre nous deux. Mais il faudrait un budget pour faire une vraie cuisine. Et ce serait au détriment de l’espace dédié à l’exposition des artistes. Un compromis difficile à trouver », confie le chef.

Une première contrainte ajoutée à ce fameux constat : le touriste n’est pas ou plus à La Pelle cet été.

Il est partagé par François Durivaud, patron avec son frère Benoit des « Moules brothers ». Un établissement de dégustation de moules mitoyen de la cabane tenue par Serge Billard.

Je suis inquiet. Sur juillet je suis à moins 50% par rapport à 2021″.

L’un et l’autre pointent du doigt la crise économique, l’inflation et une rentrée sans guère de réelles visibilités, « les gens ont changé de mode de consommation. C’est bien beau d’avoir un camping-car encore maintenant faut-il avoir de l’argent pour en faire le plein. Si on a vu 50 camping-cars en juillet à La Pelle, c’est bien le tout ».

Un port déserté

Du côté de la municipalité, le maire Hervé Pineau essaie de voir plus loin que l’estran de son port mytilicole, « mon inquiétude est assez vive concernant La Pelle. Mais je pense que cela ne concerne pas que Marsilly et qu’il faudrait avoir une vision globale touristique sur l’ensemble de la Charente-Maritime. Soit les gens ne se déplacent plus. Soit ils ne consomment plus. Les commerçants disent la même chose. En résumé il ne se passe rien. Le port est devenu désert. C’est bizarre ».

L’édile confirme bien qu’un nouvel appel d’offres sera lancé pour la gestion de la cabane sous la forme d’une délégation de services publics (DSP) avec pour partie, « un service public à assurer, tel que le point info tourisme ».

À noter qu’à quelques kilomètres plus au nord, la guinguette de l’Anse de Pampin à L’Houmeau, toujours dans le collimateur du préfet de la Charente-Maritime, semble à l’inverse de La Pelle continuer à surfer sur le succès. « Si les clients ne sont plus à La Pelle, c’est que nous les avons tous captés », ironise Robin Pascaud, un des deux gérants du site.

Au pays de Simenon, les mystères ont la dent dure…


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