Marans. La gare de la ville va reprendre du service comme le poulailler

La nouvelle majorité municipale, élue en 2020 mise beaucoup sur le contournement de la ville annoncé par le Conseil départemental. Ce qui n’éludera pas d’autres vieilles chimères.

Un ancien Ehpad qui pourrait couter très cher. (©Yannick Picard)
Un ancien Ehpad qui pourrait couter très cher. (©Yannick Picard)

Mardi 20 septembre une petite centaine de Marandais a assisté à une réunion publique animée par le maire de la ville de Marans, Jean-Marie Bodin et ses adjoints. Deux thèmes étaient à l’ordre du jour, suivi d’un échange avec le public : le bilan des actions municipales et la présentation des projets majeurs.

« Contourner Marans, c’est redonner de la vie à Marans et 2028 c’est demain », a martelé ce soir-là le maire de la ville, Jean-Marie Bodin. Depuis l’annonce de la nouvelle présidente de la Charente-Maritime, Sylvie Marcilly, de faire du contournement Est de Marans la priorité de son mandat, la majorité municipale semble avoir trouvé là sa bouffée d’oxygène.

Abandon du projet d’agrandissement de la mairie

Malgré tout, cette dernière devra remonter régulièrement à la surface pour reprendre son souffle afin de venir à bout de quelques dossiers épineux. Tout d’abord celui de l’agrandissement de sa mairie annoncé il y a quelques mois peut être de façon un peu prématurée.

L’ambition du Schéma de cohérence territoriale (SCoT) est que Marans atteigne les 5 000 habitants. Ce qui représente 29 conseillers. Nous sommes aujourd’hui 27. Vingt-trois pouvaient seulement rentrer dans la salle de conseil à notre élection. Et le public était difficile à accueillir », rappelle Jean-Marie Bodin.

Des études de sol ont montré que le coût estimé au départ devait être multiplié pratiquement par deux. « Nous allons abandonner le projet lors du prochain conseil municipal. Mais il faudra quand même faire quelque chose », poursuit le maire de Marans.

Si l’on revient sur ce fameux contournement de la ville, Marans devra s’atteler une fois celui-ci mis en place à la requalification de sa rue principale. La tristement devenue célèbre pour ses bouchons, rue d’Aligre passera alors en effet, du giron départemental à celui de la commune. « L’aménagement coûte très cher », rappelle Romuald Quirion, adjoint en charge de l’aménagement du territoire.

Malgré tout, l’équipe de Jean-Marie Bodin compte bien sur le coup de pouce de l’État qui a inclus Marans dans son programme de relance, « Petite ville de demain ». Ce dernier, conjugué avec le contournement devrait redonner de l’attractivité au pôle structurant et chef-lieu de canton d’Aunis Atlantique.

Encore faudra-t-il pouvoir s’y loger. « Les promoteurs nous renvoient vers Andilly », explique-t-on dans la salle. Les 12 hectares de dents creuses devront être comblés en priorité selon le plan local d’urbanisme intercommunal et de l’habitat (Plui-H).

Le retour de la gare et des poules

Mais inhérent à de nouvelles constructions, l’augmentation du nombre de voitures dans la ville et les difficultés de stationnement, pointent à l’horizon. Jean-Marie Bodin évoque à demi-mot, des sortes de parkings de délestage.

Et une bonne nouvelle pour les nostalgiques du ferroviaire, « une halte ferroviaire va rouvrir à Marans. C’est acté. Nous serons à 14 minutes du centre-ville de La Rochelle au lieu d’une heure de bus ». Autre bonne nouvelle, « les poules vont revenir », assure Romuald Quirion au sujet du poulailler conservatoire de la race de la poule de Marans, construit par l’ancien maire Thierry Belhadj.

Encore faudra-t-il  rajouter 80 000 euros à un projet qui en a déjà coûté plus de 300 000, pour, « construire des volières à l’air libre », précise Eric Marchal adjoint en charge de la vie associative.

Un ancien Ehpad au goût amianté

Reste une dent qui n’est pas encore creuse, qui pourrait le devenir dans l’avenir mais dont le comblement pourrait bien coûter un bras : l’ancien établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de la rue d’Aligre. L’établissement a été vendu pour près de 600 000 euros lors du précédent mandat municipal à un promoteur immobilier.

Les nouveaux élus se sont heurtés à son projet de division foncière. Depuis, le site est devenu une friche. Son propriétaire souhaite le revendre pour la modique somme de 2 millions d’euros. Sans compter les trois millions supplémentaires et qui n’étaient pas prévus, nécessaires au désamiantage des bâtiments.

C’est une épine dans le pied. Le propriétaire du bien ne l’entretient pas. Nous n’avons pas de solution », admet Jean-Marie Bodin.

Une opposition municipale silencieuse

L’édile évoque à plus ou moins long terme, la prise d’un arrêté de péril. Selon Romuald Quirion l’amiante se situerait dans la colle qui a servi à recouvrir les sols, « déconstruire coûtera très cher. Le lieu pourrait être réutilisé en fonction du niveau d’amiante. Où bien alors il faudrait bloquer celle-ci là où elle se trouve ».

À noter que lors de cette réunion publique, les deux leaders de l’opposition, Olivier Martin et Guillaume Lochon étaient présents. Aucun des deux élus n’a pas pris la parole pour questionner la majorité.


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