Marans. Agrandissement de la mairie, la municipalité fait machine arrière

À la grande surprise des Marandais, le maire de la ville Jean-Marie Bodin, a annoncé devoir suspendre son projet d’agrandissement de la mairie qui ne faisait pas l’unanimité.

L'agrandissement de la mairie ne se fera pas pour raison budgétaire. ©Yannick Picard
L’agrandissement de la mairie ne se fera pas pour raison budgétaire. (©Yannick Picard)

Que s’est-il donc passé entre le mois d’avril dernier et le conseil municipal de la ville de Marans du 19 mai dernier ? C’est la question que tout un chacun peut légitimement se poser aujourd’hui avec l’annonce faite ce jeudi 2 juin, par le maire de la ville Jean-Marie Bodin.

D’autant plus que quelques semaines auparavant, Anabelle Lagorce, première adjointe de Marans en charge notamment des finances et des grands projets imaginait dans le bulletin municipal la mairie de demain,  « avec l’objectif d’une population à 5 000 habitants, Marans grandit, sa mairie aussi. L’équipe municipale porte avec conviction un projet d’agrandissement de l’hôtel de ville […] La responsabilité des élus est d’anticiper l’avenir et non de le subir ».

Le pari de l’avenir

Ce projet d’agrandissement de la mairie, notamment de la salle du conseil municipal et le déplacement de l’orangerie, ne faisait pas partie de la profession de foi du nouveau maire Jean-Marie Bodin lors de sa campagne municipale deux ans en arrière.

Cependant, l’édile disait faire le pari de l’avenir, « en 2030 Marans aura plus de 5 000 habitants et 29 conseillers au lieu de 27″ ». Même si ces dernières années, la population de la ville est à la baisse de façon systématique.

Elle est aujourd’hui passée en dessous des 4 500 habitants. Parmi les arguments du maire, « la construction de 60 logements sur la friche Protimer ». Mais également l’espoir de pouvoir en construire 70 autres sur celle de l’ancien établissement d’hébergement (Ehpad) pour personnes âgées dépendantes rue d’Aligre, devenu la propriété d’un promoteur Niçois, mais coincé par la ville pour ses projets de, « saucissonnage foncier ».

Jean-Marie Bodin est ferme sur les prix, « il n’y aura pas de division foncière à cet endroit ».

Des pieux à 180 000 euros

Les premières études liées à l’agrandissement de la mairie et à l’harmonisation des deux parcs qui la composent sont tombées sur un os de taille. « La mairie a été construite sur une zone de remblais. Les études ont démontré qu’il aurait fallu installer des pieux de 12 mètres de long », poursuit le maire de la ville.

Ce qui selon Jean-Marie Bodin engendrerait un surcoût de l’opération estimé entre 150 000 et 180 000 euros sur un projet à 470 000 euros HT. « Sur le projet initial le reste à charge pour la collectivité était de 138 000 euros. On aurait pu aller jusqu’à 150 000 euros. Mais là on explose les plafonds. Nous allons devoir réfléchir à aller chercher d’autres subventions », insiste Jean-Marie Bodin.

La salle des fêtes en guise de salle du conseil

D’autant plus que lui et son équipe doivent dorénavant composer avec la flambée du prix des matériaux liée à la situation internationale. « Nous sommes passés de 1 500 euros du m² à 4 000 euros « . Je ne voulais pas d’un poulailler bis », détaille le maire de Marans en faisant référence à celui construit par son prédécesseur et dont le prix s’était envolé au fur et à mesure des travaux.

« C’est pour toutes ces raisons que nous avons décidé de suspendre le projet d’agrandissement de la mairie », conclu Jean-Marie Bodin. L’opposition n’a jamais partagé le projet de la majorité.

« Il y a d’autres possibilités. Je pense à la salle des fêtes par exemple pour faire les conseils municipaux « , explique Olivier Martin. Alors que pour Guillaume Lochon, « de toutes les façons nous nous serions opposés administrativement à la démolition de l’orangerie. Le maire n’aurait pas pu agrandir sa mairie avant la fin de son mandat. L’argent des Marandais doit passer ailleurs ! »

Ville de Marans

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