La Rochelle. Une école sur un trois-mâts pour mieux comprendre les enjeux climatiques

L’École polaire, installée à bord du trois-mâts en bois Le Français, est en escale pour un mois à La Rochelle. Immersion dans le monde des réflexes environnementaux au cœur des pôles.

Oriane Laromiguière et Lou de passage sur Le France. ©Yannick Picard
Oriane Laromiguière et Lou de passage sur Le Français. (©Yannick Picard)

Quoi de rêver de mieux, qu’une sorte de salle de classe improvisée dans l’entre-deux pont d’un trois-mâts à la double coque en bois, construit en 1948 ? Malgré le temps chargé d’histoire qui y a passé, l’endroit est cosy voire cocooning.

Triple mission

C’est ce que propose gratuitement jusqu’à la fin du mois aux jeunes Rochelais et estivants de passage, le fonds de dotation « Le Français, témoin des pôles », créé en février 2020 par Jacques Pétry. Elle est constituée d’une équipe d’experts scientifiques, navigateurs et aventuriers prêts à embarquer pour une formidable aventure pédagogique et scientifique.

Leurs missions sont triples. Tout d’abord, sensibiliser la jeunesse aux enjeux des régions polaires pour qu’ils en deviennent acteurs. Mais également, étudier le dérèglement climatique à son épicentre pour mieux comprendre son influence sur notre territoire. Enfin, être témoins des pôles et de leurs évolutions en sensibilisant sur la beauté, la richesse et la fragilité de ces régions.

Au sein de l’École polaire, nous avons vocation à faire de véritables ambassadeurs des pôles qui pourront à leur tour agir pour les préserver et faire découvrir leur beauté à tous leurs proches », explique Matthieu Klitting, directeur de l’école.

Au cours de l’été polaire 2021, 212 jeunes ont été diplômés de l’école après avoir participé à ses ateliers de porte en port. Le Français a vu sur cette même période 3 067 visiteurs dont 1 345 jeunes montés à son bord. Et comme on peut également naviguer à bord du trois-mâts, 492 passagers sont sortis en mer.

Aux côtés de Matthieu, deux autres animatrices : Mathilde Janot et Oriane Laromiguière. Les deux jeunes femmes sont pétries de culture polaire et ont bien conscience des enjeux qui se jouent aujourd’hui pour la planète sur ces territoires fragiles bien que plus ou moins coupés du monde.

Avec certains jeunes notamment de terminale, nous allons jusqu’à aborder le contexte géopolitique de la fonte de la banquise. Les parents ont autant soif de connaissance que leurs enfants « , confie Mathilde Janot.

De port en port

Avec ses multiples casquettes dont celle de journaliste au podcast « Les givrés des pôles », ou bien encore de guide d’expéditions en régions polaires, Oriane Laromiguière insiste sur les missions du bateau et de l’école embarquée : « Nous allons de port en port toute l’année et bien souvent vers des écoles à terre en regroupement d’éducation prioritaire (REP) ».

L’ambition pour cette année est de toucher 7 000 élèves scolarisés du CM1 à la terminale, dont 40% en situation défavorisée. ET puis en 2024, nous voulons monter une expédition à destination du Groenland pour comprendre les évolutions de ce milieu. Il y aura des scientifiques. Mais certainement aussi quelques jeunes à bord », précise Matthieu Klitting.

Le Français reviendra à La Rochelle en septembre et en octobre avec son école atypique, ses 7 membres d’équipage, dont son tout jeune capitaine Raphaël Marti, seulement âgé de 25 ans et le regard tourné vers les mers Australes.


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article, Ecologie Environnement, La Rochelle, Vie des communes