La Rochelle. Un détenu de St Martin sature le standard des urgences de l’Hôpital du fond de sa cellule

Un détenu de la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré était poursuivi pour 1 113 appels téléphoniques malveillants et de recel de téléphone portable.

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Mehdi aura passé pas moins de 1 113 appels aux urgences de l’hôpital de La Rochelle. (©Adobe-Stock-illustration)

Lundi 13 juin, Mehdi a bien failli faire devenir chèvre le tribunal judiciaire de La Rochelle. « Le prévenu avait accepté de comparaître en visio », rappelle le tribunal. Pour autant aucune liaison d’établie entre la salle d’audience du tribunal judiciaire et la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré.

Condamné deux fois pour apologie du terrorisme

Quelques minutes plus tard le greffier explique avoir reçu un mail à l’instant même de la part de son homologue de l’établissement pénitentiaire, « le détenu ne veut plus comparaître. Il demande un renvoi de son dossier. Il précise qu’à ce moment-là, il décidera au dernier moment de s’expliquer ou pas ».

Le ministère public s’oppose à cette demande. Le tribunal décide de juger le trentenaire par défaut. Et pourtant les communications c’est bien le truc du fiché S condamné à 37 reprises dont deux fois pour apologie d’actes terroristes et provocation d’actes terroristes.

En effet Mehdi est tout d’abord prévenu d’un recel de téléphone portable dans sa cellule. Un fait hélas commun en univers carcéral. Ce qui l’est beaucoup moins c’est l’utilisation que le trentenaire en a faite entre le 3 juillet et le 24 août 2021.

1 113 appels aux urgences

Pas plus qu’il a décidé de venir s’expliquer à l’audience, Mehdi n’avait répondu aux questions des gendarmes.

Sur la période de prévention, le détenu a passé au total 1 113 appels à destination des standards des urgences de l’hôpital de La Rochelle, de celui du Samu social, du groupement de la gendarmerie de la Charente-Maritime et du service de protection à l’enfance », indique le tribunal.

Ce qui a le don d’agacer plus que de raison le ministère public, « il mettait en péril les personnes qui avaient réellement besoin de joindre ces services. Il a ciblé ses victimes et les gens qui sont derrières. Les faits sont graves ».

Le ton monte lorsque le tribunal revient sur ses appels téléphoniques malveillants passés par le détenu depuis sa cellule, « lorsque c’était une femme qui décrochait, il avait des propos obscènes. Lorsque c’était un homme et bien il raccrochait ».

Le téléphone n’a jamais été retrouvé. Mais les réquisitions des enquêteurs ont bien mené jusqu’à Mehdi. Avant cette nouvelle affaire, ce dernier était libérable le 15 janvier 2025. Une peine de 8 mois de prison est requise. Le tribunal a suivi.

Mehdi a également été condamné à indemniser l’hôpital de La Rochelle pour le préjudice moral subi, ainsi qu’à lui régler ses frais d’avocat.


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