La Rochelle. Un avocat accumule les dérapages et termine en prison

À force de tutoyer la ligne rouge, un avocat du barreau de La Rochelle/Rochefort a fini par mettre le pied du mauvais côté. Aujourd’hui, il dort en prison.

L’avocat mis en cause dans cette affaire sera jugé le 22 juillet prochain. (©MinistèredelaJustice)

Après une semaine un peu folle, un juge des libertés et de la détention de Poitiers a décidé d’incarcérer, le dimanche 3 juillet, un avocat Rochelais pour une comparution immédiate le lendemain. Une procédure volontairement délocalisée, afin d’assurer une parfaite neutralité dans les débats.

Cependant, celui qu’on appellera Marc – nom de substitution- ne sera finalement jugé que le 22 juillet prochain. Ce dernier ayant tenté de mettre fin à ses jours dans sa cellule du centre pénitentiaire de Poitiers Vivonne. L’avocat est poursuivi pour plusieurs affaires.

« Mes collaborateurs sont traumatisés de ce comportement »

Dernièrement, il était convoqué devant le tribunal judiciaire de La Rochelle pour abandon de famille. Un dossier également dépaysé à Poitiers. L’avocat qui avait été suspendu début pour 4 mois par le barreau devra également s’expliquer sur plusieurs faits de violence avec arme.

Marc semble être entré dans une spirale infernale depuis quelques mois. Le Rochelais accumule les dérapages, que ce soit avec son épouse dans une procédure de divorce, sa locataire de Lagord qu’il a menacé, ou bien encore des victimes qui ont pignon sur rue.

Le passage la semaine passée de Marc à la concession Mercedes de Beaulieu à Puilboreau a marqué les esprits.

Il a gazé mes employés avec une bombe lacrymo, pour une histoire de voiture accidentée. Il voulait que nous allions la chercher devant chez-lui. Mais il y avait un souci avec l’assurance du véhicule. Mes collaborateurs sont traumatisés de ce comportement. Je viens de faire appel à une société de vigiles pour les protéger. Je ne suis pas rassuré », explique Stéphane Gérard le patron de la concession. 

Les enquêteurs ont retrouvé de nombreuses armes dans le coffre  de la voiture de l’avocat : fusil à canon scié, arbalète, machette…

Quelques heures plus tard, alors que la police cherche à lui mettre le grappin dessus depuis qu’il s’en est pris à sa locataire en mars dernier, il a fait irruption encadré par deux molosses lors de l’assemblée générale du barreau de La Rochelle/Rochefort, en train d’élire leur nouveau bâtonnier. Une élection reportée au 12 juillet suite à ces événements.

« Certaines de mes consœurs ont eu tellement peur qu’elles ont fui par la fenêtre. Il avait des lunettes de soleil et balançait devant lui à bout de bras une sorte de sac Vuiton », rapporte un des avocats témoin de la scène.

Dans une vidéo adressée à la bâtonnière de l’ordre de La Rochelle/Rochefort, Me Catherine Cibot-Degommier, Marc semble en vouloir à sa consœur. Les images montrent un tir à l’arbalète avec ce message, « ça va très mal se passer ».

En attendant que ‘l’individu mis en cause dans cette affaire ne soit jugé le 22 juillet prochain, les experts psychiatres et psychologues auront une question fondamentale à trancher : le discernement de l’avocat était-il altéré ou aboli au moment des faits ?

Pour Céline Bonneau, « les faits sont graves et je m’interroge sur le choix de procédure qui a été fait. Il aurait fallu lancer des analyses plus profondes pour comprendre ces faits. ». Affaire à suivre. 


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