En Charente-Maritime, le chômage baisse, une fausse bonne nouvelle ?

La baisse du nombre de demandeurs d’emploi s’avère importante en Charente-Maritime. Le chômage a diminué de 2,1 % sur le dernier trimestre 2022 et de plus de 20 % sur l’ensemble de l’année passée. Mais est-ce une bonne nouvelle ?

La France compte aujourd’hui 26 900 demandeurs d’emploi en mois par rapport à l’année précédente. (©Illustration / Adobe Stock)

La Charente-Maritime est un peu à l’image de La France. Le nombre de chômeurs de catégorie A a diminué de 0,8% dans le pays au deuxième trimestre, par rapport au trimestre précédent. Sur un an, la baisse s’établit à 15,1%. Ainsi, le nombre de demandeurs d’emploi continue de baisser.

Selon les chiffres publiés ce mercredi 27 juillet par la Dares, le nombre de chômeurs de catégorie A (sans activité) a diminué de 0,8% entre le premier et le deuxième trimestre 2022, et de 15,6% sur un an en France (hors Mayotte).

Si cette baisse du nombre de demandeurs d’emploi est donc observable au niveau national, en Charente-Maritime, l’Insee et la Dares tirent les mêmes conclusions. Le nombre de demandeurs d’emploi a diminué de 2,1 % sur le dernier trimestre et de plus de 20 % sur l’ensemble de l’année.

Une diminution légèrement au-dessus de la moyenne régionale. En Nouvelle-Aquitaine, la baisse est de 16,8 % sur l’année passée et de 1,5 % pour le deuxième trimestre de 2022. Pour autant, cette baisse spectaculaire, entamée au dernier trimestre 2021, est-elle vraiment une bonne nouvelle ?

Fausse bonne nouvelle sur le front de l’emploi ?

L’institut de statistiques rattaché au ministère du Travail recense au deuxième trimestre 3,165 millions de demandeurs d’emploi dans la catégorie A (sans activité), contre 3,192 millions au premier trimestre, soit 27 000 inscrits de moins au niveau national. Une prouesse saluée par le ministre du Travail, Olivier Dussopt, sur Twitter.

Au deuxième trimestre 2022, la France métropolitaine compte 2,9 millions de demandeurs d’emploi en catégorie A (sans emploi) et 2,2 millions en activité réduite (catégories B et C).

A savoir : selon Pôle Emploi et la Dares, le nombre de jeunes chômeurs (moins de 25 ans) de catégorie A en France métropolitaine passe de 475 300 au deuxième trimestre 2021 à 366 800 au deuxième trimestre 2022, soit une baisse de 22,8% en un an. Le nombre de chômeurs de plus de 50 ans passe lui de 957 100 à 847 500 sur la même période, soit une baisse de 11,5%. Le nombre de chômeurs baisse pour la catégorie A de 0,6% par rapport au trimestre précédent. Sur la même période, le taux de chômage diminue de 4% pour la catégorie B (activité réduite courte) et de 2,9% pour la catégorie C (activité réduite longue).

En Charente-Maritime, les chiffres suivent la tendance engagée au quatrième trimestre 2021 lors duquel le taux de chômage s’élevait à 7,3 % (6,6 % en Nouvelle-Aquitaine), soit le taux le plus bas depuis 2007. Ces chiffres étaient meilleurs que ceux de 2019, avant la crise du Covid-19.

Pour le deuxième trimestre de cette année, le nombre de demandeurs d’emploi diminue également de 2,1 % et de plus de 20 % sur l’ensemble de l’année. Le taux de chômage s’établit donc à 7,1 %. Un résultat d’autant plus remarquable que le chômage partiel, lui, est revenu à son niveau d’avant crise.

Toutefois, cette diminution ne peut pas durer éternellement notamment dans certains secteurs comme l’hôtellerie-restauration qui peinent souvent à recruter. Même en période estivale.

Un espoir dans la durée ?

Certes, la baisse est beaucoup plus faible – 26 000 inscrits de moins à Pôle emploi – mais le recul est encore important. Près de 15% en un an. En revanche, les économistes veulent rester vigilants sur l’évolution de la situation.

Plusieurs signaux sont à surveiller pour la suite de l’année. De plus, l’emploi réagit toujours avec retard à la croissance qui a stagné au premier trimestre en France. Alors, peut-on vraiment se réjouir de l’attractivité actuelle de l’emploi chez les jeunes ?

L’OFCE estime une remontée du chômage à 8% en 2023 contrairement à l’Insee qui table sur une baisse à 7% en fin d’année tandis que la Banque de France mise plutôt sur 7,5 %.

La rentrée sera d’ailleurs décisive puisque le gouvernement a décidé de maintenir son objectif de plein-emploi. Des réformes devraient bientôt voir le jour (assurance-chômage, lycée professionnel, formation des chômeurs).

Un premier signal qui incite à la prudence. Orphelin de sa réforme des retraites, le gouvernement va sans doute pousser la barre haute avec la réforme de l’assurance-chômage. Son objectif ? Inciter à la reprise d’emplois et faire des économies. Un pari risqué qui peut aboutir à des dépenses supplémentaires.

De plus, les entrées à Pôle Emploi ont augmenté de 2,2 % sur le trimestre, retrouvant leur niveau d’avant la crise sanitaire, et dans le même temps, les radiations pour défaut d’actualisation augmentent aussi depuis quelques mois. L’objectif de plein emploi du gouvernement pour la fin du quinquennat ne sera pas une mince affaire.


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