La Rochelle. Alarmantes, inquiétantes, les ressources en eau de Charente-Maritime sont au plus bas

Le préfet de la Charente-Maritime est plus qu’inquiet quant à la situation de l’eau en Charente-Maritime. Le niveau des nappes d’eau est historiquement bas. Les acteurs de la distribution d’eau déplorent une situation critique et appellent à la bonne conscience de chacun.

Tous les acteurs de la distribution de l’eau en Charente-Maritime étaient présents pour faire le point sur une situation qui les inquiète. (©Corentin Cousin).

C’est un fait d’une ampleur rarissime concernant la situation hydrologique en Charente-Maritime. Ce sont du moins les mots de Nicolas Basselier, préfet de la Charente-Maritime, ce vendredi 8 juillet, accompagner des acteurs de la distribution d’eau du département, notamment Eau 17.

En effet, cette situation alarmante est caractérisée par une absence de recharge hivernale des nappes et des niveaux bas atteints dès le début du printemps. Le déficit pluviométrique constaté depuis le mois de juillet 2021 est important dans l’ensemble du département, plaçant ainsi la période actuelle au 3e rang des saisons les plus sèches depuis 1959.

Au plus mauvais des moments

Les récentes canicules, notamment subi en juin dernier ajouté à une pluviométrie très faible continue de faire baissé le niveau des nappes et des cours d’eau.

« Durant la canicule de juin, 15 000 m3 d’eau par jour ont été consommer en plus qu’à l’accoutumée avec un pic de consommation à 160 000 m3. C’est l’équivalent d’un 14 juillet. Pour vous donner un ordre de comparaison, en plein mois d’août, nous atteignons des pics à 200 000 m3 ». Denis Minot, Directeur Général du service Eau 17.

Ainsi, les nappes phréatiques sont d’un niveau extrêmement bas, « encore jamais connue jusqu’à ce jour ». Quant aux nappes captives, elles sont elle aussi d’un très faible niveau.

« Nous devons donc être très prudents pour pouvoir assurer les besoins en eau de la population permanente et des touristes. L’utilisation des ressources en eau sera par conséquent modérée dans le but d’en disposer en période de tension quantitative. D’où l’intérêt d’anticiper aussi les besoins ».

Une tension qui survient à un moment crucial alors que la Charente-Maritime va accueillir de nombreux touristes. Les besoins en eau hors saison estivale sont estimés entre 120 000 à 140 000 m3 par jour. En plein été, ce chiffre oscille entre 170 000 à 200 000m3.

L’état des lieux des ressources en eau sur le territoire avec des courbes historiquement basses. (©Corentin Cousin).

Des mesures plus strictes en fonction des maires

Vice-président chargé de l’eau à l’Agglomération de La Rochelle, mais également maire de Dompierre-sur-mer, Guillaume Krabal analyse la situation de « stress hydrique ».

« La situation de l’agglo rochelais est la pire du département. L’eau ne coule pas de source. La période que nous vivons permet de constater que cette ressource n’est pas inépuisable ». Guillaume Krabal.

Ce sont 12 millions de m3 d’eau qui sont mis en distributions chaque année pour les 7 000 abonnés. 8 millions en provenance de la Charente, 3 millions du captage de l’Aunis et 1 million du forage de la Saintonge. Or, toutes ses ressources observent un niveau inquiétant. ‘Seule la ressource de St Hippolyte est pleine », précise Guillaume Krabal.

« Le débit de la Charente est en chute libre, proche du niveau de 2017, année noire jusqu’en novembre. Concernant le captage de l’Aunis, il est en dessous des minimas. Un niveau lui aussi historiquement bas. Et nous ne pouvons pas utiliser que la ressource de St Hippolyte pour subvenir à tous les besoins en eau ».

Le maire de Dompierre-sur-mer appelle donc à la « sobriété de l’usage de l’eau ».

Je suis inquiet pour aujourd’hui, mais encore plus pour cet été et pour la rentrée de septembre ».

Enfin, le préfet a précisé que chaque maire est en droit de prendre d’autres mesures plus strictes à l’échelle de sa commune.


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article, La Rochelle, Société, Vie des communes