Courçon : un moulin dernière génération pour la Minoterie

Le 18 février 2021, la Minoterie de Courçon voyait son moulin partir en fumée. Un an après, le projet de reconstruction est en cours avec un nouveau moulin plus moderne et plus productif.

La Minoterie de Courçon commémore un triste premier anniversaire. (©Ludovic Sarrazin).

Le 18 avril 2021, il est aux alentours de 10 heures lorsque deux salariés de la Minoterie de Courçon donnent l’alerte. Un incendie se déclare au dernier étage du moulin et en moins de deux heures, c’est l’outil de huit employés qui part en fumée.

Une activité jamais stoppée

Cela fait déjà 1 an que la Minoterie a brûlé, mais son directeur Denis Riffaud ne s’est jamais arrêté. « On a continué l’activité, car généralement on a un mois d’avance en termes de stock de farine. On a reçu le soutien des autres minoteries qui nous ont permis de ne pas tout stopper ».

La partie qui était en proie aux flammes a donc été rasée depuis l’événement. Et il faut bien le dire, sans ce moulin, il y a comme un vide. Alors c’est le jeu et la guerre avec les assurances qui se sont ensuite mis en place. Et de ce côté-là, Denis Riffaud voit enfin le bout du tunnel.

Nous sommes sur toute la partie invisible du travail. On a fait une longue tractation avec les assurances qui s’est scindée en deux phases, une partie d’exploitation d’un côté et la reconstruction du moulin de l’autre. Aujourd’hui toute cette partie-là est close. On a signé le budget final le 16 décembre dernier ». Denis Riffaud.

Le directeur parle d’un budget de quelques millions d’euros sans en communiquer le montant exact. Désormais, il s’agit de construire à nouveau et ainsi redonner à la Minoterie de Courçon ses lettres de noblesse. Quant au retour à la normale, il n’est pas prévu pour tout de suite.

« En parallèle, on a travaillé sur le permis de construire qui a été déposé début mars. Il est toujours en instruction à l’heure où je vous parle, mais le dossier avance bien ».

Pas avant l’été 2023

Il faudra patienter durant les 3 mois d’instruction au minimum avant de voir la première pierre être posée, pas avant cet été. Denis Riffaud évalue la durée de reconstruction de son nouveau moulin à une année. Un nouvel édifice, plus important, de 23 mètres de hauteur et avec de nombreux changements pour ne pas revivre le même cauchemar.

J’ai retrouvé des documents de 1927 parlant du moulin moderne de Courçon. Et le moulin de 2023 sera le nouveau moulin moderne de Courçon. On va changer complètement de style de moulin pour des questions de sécurité, même si tout le monde le voulait à l’identique. Techniquement ce n’est pas possible, et l’assureur a tout de suite refusé le plancher en bois pour privilégier le béton ». Denis Riffaud.

Un moulin 2.0, flambant neuf, pour plus de sécurité et pour prévenir d’un éventuel drame. Mais, ce moulin nouvelle génération va également augmenter la productivité de la Minoterie.

Nous allons avoir un moulin qui va passer à l’an 2000, on va donc gagner en efficacité et en productivité. On va doubler notre débit de production et ainsi avoir une meilleure mouture ». Denis Riffaud.

Une reconstruction qui va permettre à la Minoterie d’élargir sa gamme dans les années à venir. « On va aussi faire évoluer le moulin, on va écraser la farine avec des meules de pierre pour diversifier notre gamme de produits et se tourner vers le bio. Le but est d’avoir des produits différents avec de la valeur ajoutée. »

Cet incendie, qui fête donc tristement son premier anniversaire, aura permis à la Minoterie de Courçon de se remettre en question et ainsi se recentrer sur son circuit court, marque de fabrique du moulin depuis plus de 10 ans. À noter que le moulin de la Minoterie de Courçon était né en 1927, il aurait eu 95 ans en février dernier.

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Courçon, Société, Vie des communes