Charron : les chasseurs du village en pincent pour les canards

L’association de chasse locale, vient d’installer des nids artificiels pour les canards sauvages. Une technique venue des Etats Unis et peut commune en France.

Les chasseurs partent installer des nids artificiels sur pilotis. ©Y.Picard
Les chasseurs partent installer les nids artificiels sur pilotis. (©Y.Picard).

Depuis le passage de la tempête Xynthia dans la nuit du 27 au 28 février 2010, qui avait enlevé la vie à trois personnes, le village est resté plusieurs années exsangues financièrement.

Aujourd’hui sa situation financière est enviée par de nombreuses communes aux alentours. Pourtant à Charron on ne vit pas dans le clinquant. L’important est ailleurs. Et dès qu’il le faut on n’hésite surtout pas à activer le plan B.

Et Xynthia, c’est le résultat de plusieurs dizaines d’hectares réduits à l’état de friches après la déconstruction de 200 maisons rachetés par l’Etat. Pour autant pas entretenus par son nouveau propriétaire.


Les moutons, des tondeuses écologiques

Qu’à cela ne tienne, depuis plusieurs années les moutons d’un berger y jouent les tondeuses écologiques. Entre le bourg du village et le port du Corps de Garde les élus ont décidé entre 2014 et 2020 d’y creuser des étangs histoire de faire une zone aménagée pour les balades dominicales afin de se changer les idées.

Mais Charron c’est également le pays de la chasse à la tonne. Elle consiste à faire poser de nuit du gibier d’eau sur des étendues d’eau. Pour cela les chasseurs utilisent des appelants. Des canards élevés par leurs propres soins qui servent à appeler comme leur nom l’indique leurs congénères de passage.

Beaucoup ont été relâchés. Ils ont depuis colonisé les étangs créés par la commune. Ils s’y reproduisent. Ce qui n’est pas pour déplaire aux prédateurs de tous poils qui rôdent dans le coin.

Une technique venue des États Unis et expliquée aux enfants. ©Y.Picard
Une technique venue des États-Unis et expliquée aux enfants. (©Y.Picard).

Des nids artificiels sur pilotis

Cette histoire, c’est celle que Benoit Rinquin, autant chasseur qu’amoureux de la nature a raconté le dimanche 7 mars aux enfants du village et à leurs parents. “Le problème ce sont les prédateurs en cette période où les cannes couvent leurs œufs”, précise un autre chasseur Benjamin Babin, également comme Benoit Rinquin membre de l’association de chasse communale agréée (ACCA) de Charron.

D’où l’idée d’installer des sortes de nids artificiels sur pilotis à une quarantaine de centimètres au-dessus de la surface de l’eau.

C’est une technique utilisée par les Américains. Elle arrive progressivement en France via la Loire-Atlantique”. Mathieu Pairaud, le président de l’ACCA.

Elle consiste tout bonnement en une sorte de tube réalisé sur place avec du grillage à mouton et de la paille. L’intérieur, lui, est garni de foin. Le tout est ensuite fixé avec du fil de fer entre deux pieux de 4 mètres de haut et solidement enfoncés dans les étangs.

Dimanche, ce sont 7 nids artificiels qui ont été installés sur le site colonisé par des dizaines de colverts de siffleurs de carolins et de souchets. D’ici quelques mois leurs progénitures en partie épargnées des prédateurs grâce aux nids artificiels, s’envoleront en direction du marais. Là même ou l’ACCA locale a décidé d’installer d’autres nids de sa confection.


Par Yannick Picard.


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