Charron. Les chasseurs de la commune seraient-ils dans le collimateur des anti-chasses ?

La commune de Charron voit ses chasseurs malmener sur la page Facebook de la mairie et victimes de cambriolages. Les regards se tournent vers les anti-chasses.

Jérémy Dufourd, Mathieu Pairaud et Benoît Rinquin de l'ACCA de Charron ©Yannick Picard
Jérémy Dufourd, Mathieu Pairaud et Benoît Rinquin de l’ACCA de Charron. (©Yannick Picard)

Alors que la chasse à la tonne vient d’ouvrir, l’association communale de chasse agréée (ACCA) de Charron, est victime de dénigrement sur les réseaux sociaux, de vols de matériel, tout comme d’ailleurs certains de ses adhérents dans leurs tonnes de chasse privées.

La chasse à la tonne fait partie de l’histoire du marais. Elle consiste dans des espaces privés, à faire poser de nuit du gibier d’eau grâce à des appelants, sur des mares d’une profondeur de quelques dizaines de centimètres.

La commune de Charron compte environ 25 tonnes sur son territoire. Ces fameuses mares n’échappent pas à l’arrêté préfectoral prescrivant l’usage de l’eau douce, dans certaines conditions et au regard de l’épisode de sécheresse que connaît la Charente-Maritime.

Il y a eu des échanges assez vifs et virulents sur la page Facebook de la mairie au sujet du remplissage des mares de tonnes. Une élue de l’opposition m’a même téléphoné pour en savoir plus », confie Mathieu Pairaud, président de l’ACCA de Charron.

Des tonnes contrôlées par l’OFB

Bien que privées, ces tonnes et leurs mares seraient surveillées comme le lait sur le feu. « Certaines ont été contrôlées il y a quelques jours par l’Office français de la biodiversité (OFB) », indique Benoît Rinquin, un autre membre du bureau de l’ACCA.

Aucun procès-verbal n’aurait été dressé. Et pas de problème pour les mares situées en bordure de mer puisque celles-ci ont été remplies avec de l’eau de mer à l’aide d’ouvrages reliés à la baie de l’Aiguillon, ou par des systèmes de forage.

Mais celles qui sont à l’intérieur des terres, n’ont pas été remplies. Nous respectons l’arrêté préfectoral mis en place en cette période de sécheresse. Nous sommes des gens responsables. Il faut arrêter cette polémique sur les réseaux sociaux. Ces chasses sont privées. L’ACCA n’a pas de pouvoir de police », insiste Mathieu Pairaud.

Des motopompes volées

Malgré tout, les anti-chasses sembleraient bien faire un amalgame et vouloir mettre tout le monde dans le même panier, même si aujourd’hui tout le monde est dans les clous à Charron. « Plusieurs tonnes ont été cambriolées ces derniers jours. C’est un phénomène nouveau et purement gratuit. Du matériel a disparu, même des motopompes », révèle Jérémy Dufourd également membre du bureau de l’ACCA.

Côté domaine public, ce n’est pas mieux. « Des égrenoirs que nous installons en zone de réserve de chasse et dans le cadre de la réintroduction des espèces sont souvent volés. Nous installons aussi des récipients remplis d’eau pour que toutes les espèces sauvages puissent venir s’abreuver », conclut Jean-Yves Bonnin, un des administrateurs de l’association.

À noter que l’ACCA a procédé à l’exclusion de trois de ses membres récemment, sans aucun lien avec le remplissage des mares de tonnes ou le vol du matériel. « C’était pour mauvais comportement. Ils ne respectaient pas le règlement de notre ACCA », précise Benoît Rinquin.


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