Charron. Avaries, turbulences et enfin mutinerie à bord du vieux tape-cul, le Boucholeur

Entre casse mécanique, démissions et tohubohu au sein de l’association du Vieux Tape-cul, le Boucholeur aura connu un été 2022 particulièrement perturbant à la limite de la fin d’activités.

Le Boucholeur est bloqué au port pour maintenance. ©Yannick Picard
Le Boucholeur est bloqué au port pour maintenance. (©Yannick Picard)

Comme le chantait Georges Brassens, « non, ce n’était pas le radeau de la Méduse, ce bateau, qu’on se le dise au fond des ports, il naviguait en père peinard sur la grand-mare des canards, et s’appelait les Copains d’abord… ». Sûr que l’ensemble des membres de l’association du Vieux Tape-cul, qui a fait construire à Marans au Chantier Durand il y a près de 30 ans le Boucholeur,  rêveraient de siffloter cette chanson dans les pertuis.

Mais aujourd’hui la réalité est tout autre dans les rangs de l’association intercommunale de Marans, Charron, Esnandes, Marsilly et Nieul-sur-Mer.

Un peu d’histoire
A l’origine, le Boucholeur, c’est une réplique d’un dériveur en bois mytilicole qui naviguait dans les pertuis jusque dans les années 50. Une sorte de bateau de travail qu’utilisait la profession mytilicole de la Baie de l’Aiguillon, qui aujourd’hui fait parti intégrante du patrimoine local. Au début des années 90, une poignée de mytiliculteur ont réalisé le pari de faire construire une réplique avec sa fameuse voile d’artimon servant à stabiliser le bateau, connue des puristes sous le nom de tape-cul. La boucle était bouclée, l’association prendra le nom de « Vieux Tape-cul ». Au fil des étés le Boucholeur a emmené les touristes à la découverte des bouchots de la Baie, le temps d’une marée.

Le ciel s’est assombri

Puis des turbulences ont poussé certains « copains » à quitter le bord et remiser le dériveur mytilicole au sec. « C’est parti en cacahuète après la démission du secrétaire », explique le nouveau président Pascal Proux.

Le Charronais avait déjà embrassé ces fonctions durant quatre ans avant de passer la main à Henri Flamencourt. Mais ce dernier qui a œuvré durant de nombreux mois à un gros chantier de restauration du Boucholeur, las de voir les uns et les autres se tirailler de tous bords a préféré à son tour jeter l’ancre.

Trois ou quatre personnes n’avaient pas le même état d’esprit que les autres membres de l’association. Ils ne respectaient pas vraiment le bateau et tirait un peu trop dessus », poursuit Pascal Proux.

Il est question de deux autres démissions parmi la bande de mutins, qui selon le président avait pour port d’attache, celui du Plomb à Nieul-sur-mer, « ils y étaient très souvent et sortaient avec le Boucholeur alors que nous n’étions pas forcément au courant ».

Bloqué au port

De son côté, Henri Flamencourt est resté membre du bureau de l’association. Mais comme l’été est décidément brûlant dans les pertuis, le Boucholeur vient de faire un caprice à son tour. « La ligne d’arbre de transmission s’est brisée au niveau de l’entrée du cardan. Nous devons sortir le Boucholeur et le mettre à sec pour faire cette opération de maintenance », précise Henri Flamencourt.

Ce qui a été fait le 23 août. Premier constat, l’arbre d’hélice tourne bien dans le vide. « Nous en avons un second. Un tourneur va voir comment il peut réparer ça. C’est Henri Flamencourt qui va superviser le chantier », conclut Pascal Proux.

En attendant que ses plaies soient pansées, le Boucholeur trône sur son ber au Corps de garde, son tape-cul rabattu. Ce qui pour le moins lui évitera momentanément d’avoir du vent dans les voiles…


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