Benon. Le maire Thierry Rambaud désavoué, doit faire face à la démission de près des trois quarts des élus de son conseil municipal

En désaccord total avec la politique du maire de Benon, Thierry Rambaud, 11 élus ont décidé de démissionner de leur poste de conseiller ou d’adjoint. La municipalité doit organiser une nouvelle élection municipale.

Thierry Rambaud, maire de Benon, doit organiser une nouvelle élection municipale suite à la démission de 11 élus de la commune. (©LudovicSarrazin)

Désavouée par une partie de son équipe et critiquée pour sa gestion de la commune depuis presque 8 mois maintenant, le remplacement d’Alain Tréton, Thierry Rambaud, va devoir remettre son siège en jeu. Lors du dernier Conseil municipal de Benon, 9 élus ont décidé de remettre leur démission pour leur désaccord avec la politique menée par le maire.

Deux autres conseillers municipaux ont quant à eux décidé de jeter l’éponge quelques jours auparavant au cours d’une réunion interne organisée pour régler ce problème de gestion des projets de la municipalité. 

Un équilibre fragile

En 2020, une nouvelle équipe municipale, portée par le nouveau maire Alain Tréton, entre à la mairie avec une idée en tête : valoriser la participation citoyenne et exercer une politique plus transparente.

Seulement, le 8 novembre 2021, le nouveau maire est contraint de laisser sa place pour des problèmes de santé. A ce moment, Thierry Rambaud prend naturellement la succession sans opposition particulière puisqu’aucun candidat ne se positionne en face de lui.

Si au départ, rien ne laisse présager une rupture au sein du Conseil municipal, la situation se dégrade très rapidement. Au bout de 6 mois de mandat, les relations s’enveniment et des tensions entre les élus apparaissent progressivement.

Il a pris de plus en plus ses marques, de l’aisance, et nous, du coup, on a été mis de côté, explique Sonia Teixido, ancienne troisième adjointe démissionnaire à la mairie de Benon.

Une fois le dialogue rompu entre le maire et une partie de l’équipe municipale, Sonia Texeido et son groupe, portés par une ligne politique centrée sur la participation citoyenne, tente tout de même de recoller les morceaux. En vain.

On était conscient qu’avec Alain Tréton, on pouvait aller encore plus loin dans ce côté participatif, même si le covid-19 nous a un peu freiné dans notre élan, mais avec l’arrivée de Mr Rambaud à la tête de la municipalité, ce n’était plus le cas !« , ajoute Sonia Teixido.

Pour autant, à la base, le Conseil municipal change de stratégie. Retraité, Alain Tréton était disponible à 100 %. En revanche, avec Thierry Rambaud, le contexte est différent. Encore en activité, le maire et ses adjoints s’entourent alors de conseillers délégués

On savait qu’il fallait mobiliser davantage les compétences, car forcément, pour faire fonctionner la mairie, il fallait que tout le monde soit mobilisé, et c’est pour cette raison qu’il y avait des conseillers délégués, explique l’ancienne élue. 

De plus, le Conseil municipal de Benon avait des réunions hebdomadaires depuis 2020, « Thierry y participait en tant qu’adjoint et chacun y trouvait son compte », mais selon Sonia Teixido, « ces réunions ont été de moins en moins fréquentes avec des contenus de plus en plus pauvres ».

« Il n’y avait plus de démocratie »

En manque de dialogue et d’écoute, une partie du conseil commence à faire remonter régulièrement leur mécontentement.  A titre d’exemple, Sonia Teixido parle du projet de la rue du Château Musset qui a été mise à sens unique le 30 mai dernier.

Une rue a été mise en sens unique, on en avait parlé en conseil municipal, mais ce n’était pas une décision qui nécessitait une délibération donc quand on a parlé au conseil s’était plutôt pour recueillir les propos de chacun et préparer le projet, il y a eu eu une décision collégiale de prise même si il n’ y a avait pas de délibération puisque le maire est le seul à avoir les compétences sur les arrêtés de voierie, donc on avait acté quelque chose, mais quelques jours avant de la mise en œuvre, il décide de faire différemment, sans concertation avant, sans nous prévenir. »  souligne Sonia Teixido.

La goutte de trop ? Certainement. Une partie du Conseil municipal, dont fait partie Sonia Teixido, continuait de prôner une gestion des dossiers municipaux « en mode projet » pour sortir du cadre des commissions jugées « trop cloisonnées ».

Autre exemple : avec la voirie, si des travaux concernent une rue en face à une école, le groupe estime que le projet concerne aussi la commission scolaire.

De son côté, Thierry Rambaud semble adopter un autre état d’esprit. C’est d’ailleurs la raison de ce désaccord entre les élus. Car, « même si le maire est dans son droit », d’après Sonia Teixido, mais dans l’esprit, il y a eu une rupture.« 

Sans ligne directrice claire à suivre, les 11 élus ont donc décidé de mettre fin à leur mandat malgré de multiples tentatives de dialogue. 

On a provoqué une réunion pour tout remettre à plat et lui expliquer les choses. Il était donc conscient que ça n’allait pas ! On lui a même dit d’ailleurs qu’on n’allait pas continuer », précise-t-elle.

Résultats, au total, le maire de Benon a dû faire face à 2 démissions avant le Conseil municipal à l’issue de la dernière réunion en interne « qu’on a organisé pour régler ces problèmes. » Suivie par sept conseillers, Sonia Teixido, troisième adjointe et Monique Chaillet-Cousson, première adjointe.

À la suite de ces démissions des élus de la majorité, seuls huit restent en place dont les deux de l’opposition. Le maire en position très fragilisée devra donc sous trois mois organiser de nouvelles élections municipales. 

Il n’y avait plus de démocratie, de partage, d’informations. Nous avons été contraints à cette extrémité, nous sommes intervenus plusieurs fois pour tirer la sonnette d’alarme, on ne débat pas sur les sujets pour construire quelque chose en commun. Nous sommes intervenus à l’aide de questions pour obtenir des réponses sur notre utilité, mais il n’y a jamais eu de réponses. On se trouvait face à un mur« , dénonce Monique Chaillet-Cousson

La rédaction d’AunisTV a tenté à plusieurs reprises de contacter Thierry Rambaud mais le maire semble ne pas vouloir s’exprimer sur la question. Aujourd’hui, les démissionnaires souhaitent donc tourner la page et peut-être écrire une nouvelle histoire. 

Pour le moment, aucune liste n’est portée par Monique Chaillet-Cousson ni Sonia Teixido. Pour autant, ces dernières disent y réfléchir sérieusement.


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