Aigrefeuille-d’Aunis : il séquestre sa femme et menace de la tuer si elle le contamine avec le Covid

Un sexagénaire hypocondriaque, a été jugé par le Tribunal judiciaire de La Rochelle pour des violences et des menaces de mort commises sur sa compagne à Aigrefeuille-d’Aunis.

Bruno a menacé sa femme de la tuer si elle le contaminait au Covid. (©Adobe Stock illustration).

Ce n’est pas l’humoriste et acteur Dany Boon qui s’est avancé le 14 avril à la barre du Tribunal judiciaire de La Rochelle. Mais bel et bien malgré tout, un « super hypocondriaque » qui se prénomme Bruno et qui est âgé de 62 ans.

Jusqu’alors, l’ancien contrôleur SNCF à la retraite n’avait jamais eu maille à partir avec la justice. Depuis 1981, il filait à Aigrefeuille-d’Aunis, le plus parfait des amours avec Véronique.

Jusqu’à ce que le Covid ne vienne perturber leur vie. Bruno souffre d’hypertension, « les médias m’ont scotché. J’ai demandé à Véronique de prendre des mesures ». Mais entre janvier et mars 2021, la victime éprouve le besoin de prendre l’air et d’aller voir sa famille au Thou. « Je lui interdisais d’aller voir sa nièce. Je lui disais : patience, il va bien finir par y avoir des vacances », poursuit le prévenu.

Enfermée 7 jours dans sa chambre

Durant ces quelques mois, la victime a vécu un véritable calvaire, « il allait jusqu’à m’obliger à nettoyer toutes les boites de conserves ». Encore plus lorsqu’elle insiste de nouveau pour aller chez sa nièce, « il m’a dit qu’à mon retour je devrai rester enfermée 7 jours dans ma chambre. Ensuite je devrai faire un test PCR. Et que si j’étais positive et que je le contaminais, alors il me tuerait et qu’ensuite il se suiciderait ».

Je pensais en fait au suicide. J’ai mal réagi. J’étais stressé au quotidien. A cette période là, il y avait beaucoup de monde en réanimation », précise Bruno.

Véronique finira par quitter le domicile conjugal le 20 mars 2021. Elle le signalera à la gendarmerie de Surgères pour être prise en charge concernant son hébergement par une intervenante sociale. Mais lorsque le prévenu entend parler d’hébergement, il voit rouge, « je ne voulais pas que l’on se sépare ».

Alors lorsqu’il voit Véronique au volant de son véhicule arrêtée sur le bord de la route le 4 mars 2021, il la frappe. Cinq jours d’interruption temporaire de travail seront notifiés à la victime.

« S’il m’a frappé c’est que je l’avais énervé »

Comme c’est souvent le cas lors de violences conjugales, les rôles s’inversent, « je ne voulais pas déposer plainte. S’il m’a frappé c’est que je l’avais énervé. C’est ma file qui a déposé plainte à ma place ». Et puis comme cela arrive aussi à l’audience dans ce type de dossier, Véronique reconnaît que depuis ces années ce n’était pas si rose que ça.

« Elle était sous emprise », plaide Me Sabine Cantal pour la partie civile. Et d’en révéler un peu plus sur les conditions de vie de sa cliente,

Elle faisait chambre à part. Elle a dû arrêter son travail d’assistante maternelle. Il avait un fusil à la maison, mais la cliente ne savait pas où il était caché. Nous avons demandé une ordonnance de protection ». Me Sabine Cantal.

Le ministère public rappelle que c’est bien lui qui est à l’origine des poursuites. Il précise, « elle n’en peut plus, mais elle vous aimait. Maintenant elle est dans la crainte vis-à-vis de vous ». Une peine de 4 mois de prison avec sursis comportant une interdiction de contact est requise. « C’est une histoire de couple qui arrive à son terme », conclut la défense. Bruno s’excuse.

Le tribunal l’a condamné à 4 mois de prison avec sursis. Bruno devra également suivre à ses frais un stage de sensibilisation aux violences faites aux femmes.


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