Transfert de l’Intermarché de Marans à Andilly : le ton monte entre les pour et les contre

Ce samedi 9 avril à Marans, une manifestation a rassemblé quelque 100 personnes venues exprimer leur soutien au déménagement de l’Intermarché de Marans à Andilly. Une marche qui s’est terminée avec quelques frictions devant et dans le SuperU de Marans.

L’article est accompagné d’un reportage vidéo à voir en bas de page.

Intermarché Marans Andilly manifestation ©AunisTV
Une centaine de personnes a défilé en soutien à l’Intermarché de Marans et son personnel. (©Ludovic Sarrazin)

Une certaine effervescence régnait ce samedi 9 avril à Marans. Une centaine d’habitants et des élus des communes voisines ont fait le déplacement pour exprimer leur soutien au patron de l‘Intermarché Damien Bizais et ses salariés et dire leur mécontentement face au nouveau recours déposé par l’enseigne Super U en vue de s’opposer au déménagement du magasin sur la commune d’Andilly.

Un projet de déménagement et une bataille juridique qui se poursuit depuis six ans déjà et qui a été retoqué deux fois en 2018 et 2021 par la Commission nationale d’aménagement commercial (Cnac) mais autorisé en février 2022 par la Commission départementale. « Avec une Préfecture qui a estimé ce projet comme très vertueux. Alors oui monsieur Buisson a le droit de faire un recours mais à un moment donné il faut savoir s’arrêter, Il a le droit de le faire mais il faut qu’il assume », estime Damien Bizais, le directeur général de l’Intermarché de Marans.

La commission nationale a argumenté sur le fait que la construction de l’Intermarché à Andilly nuirait à la politique de redynamisation du centre-ville de Marans porté par le concours du programme national « Petites Villes de demain »  et qu’elle rendrait quasi obligatoire l’utilisation de véhicules (à hauteur de 93%) pour se rendre au nouvel Intermarché situé en périphérie du village d’Andilly.

Une conclusion rejetée par Damien Bizais ce samedi 9 avril. « On a travaillé avec l’ensemble des élus, la Communauté de Communes Aunis Atlantique, avec le Parc du Marais Poitevin pour construire un magasin qui soit inclus dans son territoire, qui soit respectueux de l’environnement et créer de l’emploi ».

Un Ferrières 2 ?

Fidèle soutien au transfert de l’Intermarché, le maire d’Andilly et vice-président en charge du développement économique à la Cdc Aunis Atlantique, Sylvain Fagot, dément vouloir créer sur sa commune un Ferrières 2. « Ce qui me fait souvent sourire, c’est que les gens ne regardent pas les plans d’urbanisme. Il n’y a pas d’extensions possible à Andilly sur le domaine commercial donc il n’y aura pas de Ferrières 2 ».

Pourtant de nombreuses voix s’accordent à dire qu’avec trois gros moteurs économiques comme les magasins Brico-Dépôt, Lidl et Intermarché concentrés sur la commune d’Andilly, il est fort à parier que d’autres enseignes voudront naturellement s’y installer. Certains autres vont plus loin et se demandent où est passé la cohésion et l’intérêt communautaires si chacun y va de sa zone d’activités sur sa commune.

Après plusieurs minutes de discours, les soutiens se sont dirigés vers le magasin SuperU, ont bloqué quelques minutes la rue d’Aligre avant d’entrer pour quelques-uns dans la galerie  de l’enseigne U, provoquant quelques gestes vifs entre le personnel de sécurité et les manifestants. « Il n’était pas prévu d’entrer dans le Super U », explique Damien Bizais.

« De la rétention foncière »

Plus loin sur le parking, Jean-Marie Bodin le maire de Marans, dont beaucoup était étonné de l’absence mais qui a finalement fait le déplacement, dénonçait cette manifestation et du manque d’engagement des marandais et des marandaises. « Je regrette franchement la tournure que cela prend parce que fustiger Buisson ce n’est pas la solution. Il est dans son droit. Ce qui sont responsables ce sont ceux qui détiennent les terres agricoles et qui font de la rétention foncière. C’est assez singulier que ce soient les communes voisines qui manifestent pour récupérer un supermarché et non pas les marandais et les marandaises qui manifestent pour le garder ».

La Commission nationale d’aménagement commercial devrait rendre son verdict d’ici le mois de juin. En attendant Damien Bizais, le maire Sylvain Fagot et les manifestants ont promis de ne pas faire baisser la pression et de revenir manifester si besoin.

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