Marans. Pour son contournement routier, la ville et le Conseil départemental mettent le cap à l’Est

Le choix géographique du contournement de Marans retenu par les élus et les techniciens ne fait pas l’unanimité, dans le monde agricole et parmi certains propriétaires de fonciers concernés par les tracés qui sont à l’étude.

Contournement de Marans
Un débat à Marans en présence de Sylvie Marcilly, présidente du Département de la Charente-Maritime, pour échanger sur le futur contournement de la ville. (©Yannick Picard)

Lundi 12 septembre, le conseil départemental de la Charente-Maritime avait convié l’ensemble des propriétaires terriens concernés de contournement de la ville de Marans à venir débattre autour du projet. Avec à la clé une consommation forcée de foncier agricole qui est loin de faire l’unanimité.

C’est donc devant une salle polyvalente pleine à craquer que les élus locaux, aussi bien de la Charente-Maritime que de la Vendée ont pu répondre durant deux heures aux interrogations des uns et des autres sur cette vieille chimère qui n’est pas sans rappeler celle de la réouverture de la gare de la ville.

À cette nuance près, que le dossier du contournement routier de la ville de Marans afin de soulager du trafic sa rue d’Aligre, semble cette fois être sur les rails. Enfin presque, si ce n’est la vindicte venue de quelques exploitants agricoles et particuliers propriétaires de foncier dans le marais.

D’un côté ceux qui se nomment, « les oubliés du marais ». Et de l’autre la présidente de la Charente-Maritime, Sylvie Marcilly pour qui, la somme des intérêts particuliers ne fait pas la somme de l’intérêt général. « Nous irons jusqu’au bout ! »

Remplacer le pont du Brault

Seule certitude dans ce projet vieux maintenant de bientôt 30 ans, le tracé définitif d’une longueur de 4 à 6 km et même s’il n’est pas encore défini parmi les 4 hypothèses à l’étude passera bien par l’Est de la ville. Premier point de crispation dans la salle pour certains exploitants agricoles.

Il suffisait de refaire un viaduc sur la route entre Moreilles (Vendée) et Bourg Chapon (commune de Charron). Cela aurait coûté moins cher et consommé moins de terres agricoles ».

Sous-entendu remplacer le pont du Brault existant et vieillissant par un nouvel ouvrage. Jean-Marie Bodin, le maire de Marans refait l’histoire, « le montant que vous annoncez de 29 millions d’euros pour la construction de ce viaduc est sorti d’une étude qui remonte à 2008 ».

Sylvie Marcilly rappelle qu’un chantier de réhabilitation du Brault va être engagé pour 3 millions d’euros. Le montant sera réparti à parts égales entre le Conseil départemental de la Vendée et celui de la Charente-Maritime, « il va consister à changer le tablier du pont ».

Cap vers l’Est

L’affaire ne dit pas pour autant si les convois dont le tonnage est supérieur à 26 tonnes ou transportant des matières dangereuses autres que pour la desserte locale et qui empruntent actuellement le pont du Brault entre la Vendée et la Charente-Maritime, passeront par le futur contournement Est de Marans.

Les premières études vont donc débuter à l’Est de la ville avec un délai pour le premier coup de pioche estimé à 4 ans. Le coût prévisionnel est estimé, études comprises, à 64 millions d’euros. Il est question d’une consommation totale de foncier agricole de 60 hectares.

« Ramener à une plus juste proportion » selon Jean-Pierre Servant, le président de la Cdc Aunis Atlantique : « 20 le seront réellement. Les 40 autres seront consacrés à la compensation ». À l’aune des débats une autre question reste en suspens : qui va payer ?

Dans l’attente d’une réponse de l’Etat

Sylvie Marcilly assure que le département assumera ses responsabilités tout comme d’ailleurs la Communauté de communes Aunis Atlantique et la ville de Marans. Jean-Marie Bodin est droit dans ses bottes, « jusqu’à la fin du mandat nous n’aurons pas recours à l’emprunt, pour se garder la possibilité d’en faire un pour apporter notre cote part financière au projet de contournement ».

Enfin, l’ensemble des partenaires est dans l’attente d’une réponse de l’Etat, afin de savoir si, lui, mettra bien la main au porte-monnaie ou pas…


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