La Rochelle. Un détenu au lourd passé et libérable en 2049 condamné à de simples jours-amendes

Trafics de drogue, extorsion, braquage, meurtre… le passé de délinquance de Vincent est long comme un jour sans fin. Il est poursuivi aujourd’hui par la justice pour une nouvelle affaire de drogue.

Trafic de drogue Stupéfiant Adobe Stock Illustration
Vincent, au lourd passé de délinquant, est poursuivi par le tribunal de La Rochelle pour une détention de cannabis et d’Héroïne.(© Adobe Stock Illustration)

Vincent n’a pas le physique de l’emploi. Celui qui est âgé de 41 ans, s’exprime bien  et a le sens du détail. Assis dans le box des prévenus du tribunal judiciaire de La Rochelle le 9 juin, étonnamment le Rochelais aura passé 10 bonnes minutes à nettoyer les vitres de son box en attendant que les débats ne débutent.

Aujourd’hui, la justice lui reproche l’usage et la détention de cannabis et d’héroïne. Les stupéfiants avaient été retrouvés le 28 septembre 2020, lors d’une perquisition de son domicile à La Rochelle.

Vincent ne conteste pas vraiment les faits. Si ce n’est qu’une partie de la drogue ne lui appartenait pas. Elle était destinée selon lui à un certain « Papy », mis en examen comme lui dans une affaire de braquage à main armée.

Un parcours ancré dans la délinquance

Et c’est bien là tout le problème de la personnalité du prévenu : son parcours est ancré dans la délinquance.  » Son père est ingénieur. Sa mère a été directrice de cabinet d’un premier ministre. Des parents absents », résume Me Quentin Loisel, l’avocat du quadragénaire.

Et au bout du compte un casier judiciaire long comme un jour sans pain. « Dix-neuf mentions y figurent », rappelle le ministère public.

De petites condamnations s’intercalent entre de lourdes peines. En 2003, puis en 2005 Vincent a été placé sous mandat de dépôt et incarcéré pour du trafic de stupéfiants.

Puis en 2010, la cour d’assises de la Vendée l’a condamné à 10 ans de réclusion criminelle pour le braquage d’une banque à main armée.

Condamné pour un meurtre commis en 2010

Début 2023, le quadragénaire comparaîtra à nouveau devant une cour d’assises pour des faits identiques. « Nous allons reprendre 10 ans voire plus, peut-être 15 ans », ne cache pas Me Quentin Loisel.

Et puis, il y a cette condamnation en appel à Poitiers le 16 décembre 2021 de Vincent à 28 ans de réclusion criminelle, pour le meurtre en 2010 de Damien Desormeaux à Bourcefranc-le-Chapus, alors qu’il avait été acquitté en 2017 par les assises de la Charente-Maritime.

Nous nous sommes pourvus en cassation. Mais je ne me fais guère d’illusion. La vie de mon client est foutue. Alors vous savez cette histoire de cannabis à côté… », poursuit l’avocat de Vincent Maurin.

« Ce dossier a une importance relative pour lui, compte tenu des autres affaires », reconnaît le ministère public.

Une peine de six mois de prison est requise. « La justice a déjà fait son travail », estime la défense qui plaide une dispense de peine, voire une amende.

Message reçu fort et clair pour le tribunal. Vincent devra s’acquitter de 90 jours-amendes d’un montant chacun de 5 euros.


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