La Rochelle : un albanais sous le coup d’une reconduite à la frontière, placé en détention provisoire

Le père de famille est poursuivi pour avoir commis des violences et des menaces de mort à Saint Jean-de-Liversay sur sa femme et ses trois enfants alors que tous étaient pris en charge par une association et un collectif.

Prison incarcération illustration La Rochelle AunisTV
Le père de famille a été incarcéré à la prison de Rochefort en attendant son procès prévu le 30 juillet prochain. (©Adobe Stock Illustration).

C’est suivant le mode de la comparution immédiate que Jorgo a été présenté le vendredi 25 juin devant le tribunal judiciaire de La Rochelle. Le quinquagénaire a demandé un délai afin de mieux préparer sa défense.

Jorgo est arrivé en France en 2019, après un séjour de plusieurs années en Grèce. La famille a été prise en charge par l’association Altéa-Cabestan qui l’a hébergé sur la commune de Saint-Jean-de-Liversay.

Deux des enfants sont scolarisés à La Rochelle et le troisième à Saint-Jean-de-Liversay. “Ils sont parfaitement intégrés”, explique la maire de la commune, Sylvie Gatineau.

Refus de la demande de droit d’asile

Les choses ont commencé à se compliquer en janvier dernier, lorsque Jorgo et sa famille se sont vus notifier un refus de leur demande de droit d’asile, synonyme d’une obligation de quitter le territoire Français (OQTF). Avec également à la clef une expulsion de leur logement.

Spontanément un collectif s’est créé autour du couple et de leurs enfants, épaulé par une association de Courçon. “Nous nous sommes opposés pacifiquement à cette expulsion, le temps de trouver une solution de repli”, précise Laurence Armanious, membre du collectif. Finalement la famille de Jorgo devait être prise en charge par l’association Emmaüs qui lui avait trouvé un nouveau logement sur la commune d’Aulnay (Charente-Maritime).

Mais c’était sans compter sur ce qu’il se passait dans le huis clos familial à Saint-Jean-de-Liversay. Le 18 juin, l’épouse de Jorgo est hospitalisée pour une intervention chirurgicale à l’épaule.

Elle se confie aux soignants sur des violences qu’elle et ses enfants auraient subi de la part de son mari ainsi que sur des menaces de mort qu’il aurait proféré à leur encontre.

“Je vais vous tuer et je me tuerai en dernier”

Un signalement est effectué au procureur de la République. L’épouse et les enfants sont entendus par les gendarmes puis confrontés à Jorgo. Assisté d’un interprète, le quinquagénaire explique, “on passe un moment difficile”.

Même si le fond du dossier n’est pas abordé ce vendredi 25 juin, Jorgo fait comprendre que ces mots ont dépassé sa pensée, “je vais prendre un couteau et tous vous couper la tête. Je vais vous tuer et je me tuerai en dernier”.

Sur les violences, “j’étais agressif mais pas violent sur le plan physique”. L’Albanais non connu de la justice en France revient sur un très grave accident de moto dont il a été victime en Grèce en 2006, “j’ai eu de la chance de rester en vie”.

Quelques minutes plus tard lors de sa plaidoirie, son avocat Me Victor Dominguez penchera pour la thèse de séquelles des suites de cet accident de la circulation.

Expertise psychiatrique

De son côté le ministère public ne requiert pas le placement en détention provisoire de Jorgo en attendant son procès fixé à la date du 30 juillet prochain. Le placement sous contrôle judiciaire du quinquagénaire avec une interdiction de contact avec sa famille jusqu’à la prochaine audience est demandé par le parquet.

La défense pointe du doigt la difficulté de trouver un second logement, “le collectif essaie d’arranger les choses”. Dernier à prendre la parole Jorgo assure, “Je prends l’engagement qu’il n’y aura plus aucun souci”.

Le tribunal fait le choix de placer l’Albanais en détention provisoire à la maison d’arrêt de Rochefort, “il n’y a qu’un seul logement. Le contrôle judiciaire ne sera pas suffisant pour prévenir la réitération des faits et les pressions sur les victimes”. Une expertise psychiatrique de Jorgo a également été ordonnée.


Par Yannick Picard.


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