La Rochelle : Quatre ans de prison pour le grand-père qui a agressé sexuellement sa petite fille

C’est une chape de plomb qui s’est abattue sur le tribunal judiciaire de La Rochelle ce jeudi 12 mai alors qu’il avait à juger un septuagénaire pour agressions sexuelles sur sa petite fille.

Prison La Rochelle Rochefort ©AUNISTV
Patrick a été condamné à 4 mois de prison pour pour agressions sexuelles sur sa petite fille Margot. (©Adobe Stock Illustration).

Il y avait deux clans ce jeudi dans la salle d’audience correctionnelle du tribunal judiciaire de La Rochelle. Celui qui n’a jamais cru les déclarations de Margot aujourd’hui à peine majeur et qui accuse son grand de l’avoir agressé sexuellement à de nombreuses reprises entre ses 7 et 13 ans. Et celui qui soutient Patrick qui nie avoir caressé le sexe de sa petite fille.

Les faits se seraient déroulés à La Jarne de 2010 à 2017. Margot n’en parlera à une amie qu’en 2018, « j’avais un blocage relationnel avec mon petit ami de l’époque ». Ses propos seront rapportés à un membre du collège où était scolarisée l’adolescente à Anglet (Pyrénées-Atlantiques).

Le parquet de Bayonne ouvrira une enquête avant de se dessaisir au profit de celui de La Rochelle. Depuis le 8 novembre 2019, le septuagénaire retraité du monde de l’automobile est placé sous contrôle judiciaire.

Lourd passé judiciaire

L’homme souffre de soucis de santé. Il est décrit par ses proches comme étant solitaire et renfermé, « j’ai perdu ma femme d’un cancer en 2016 ». Patrick est plutôt du genre taiseux. Il traine avec lui un lourd passé judiciaire.

Celui que tout le monde appelle, « papi » a été condamné en 1998 à 3 ans de prison pour avoir agressé sexuellement une de ces nièces. Ce lui vaudra 14 mois de prison. Il récidivera 4 ans plus tard sur une autre de ses nièces.

Jointes à la procédure les déclarations de sa fille et mère de Margot qui explique avoir elle-même été agressées par son père. « J’ai été condamné par erreur. J’ai fait de la prison à tord », se défend l’accusé. Alors que le ministère public lui rappelle qu’il n’a jamais fait appel de ces deux condamnations.

Et de nouveau Patrick doit faire face ce 12 mai aux mêmes types d’accusations qu’il dément, « elle ment. C’est par vengeance et pour gagner de l’argent ».

L’agresseur lui-même agressé sexuellement

Margot ne demande qu’une seule chose, « qu’il avoue ! ». A trois reprises le président du tribunal interpelle le septuagénaire, « alors dites-lui les yeux dans les yeux qu’elle ment ». Patrick n’y arrive pas.

Il évoque son passé d’enfant où il déclare avoir lui-même été abusé sexuellement par un ami de la famille durant de nombreuses années. Des déclarations qu’il n’avait jamais faites auparavant, « si j’en avais parlé il m’avait dit qu’il tuerait ma famille ».

La partie civile est choquée, « c’est intolérable et écœurant. Il y a de la part du prévenu une dénégation pour ma cliente de sa qualité de victime. Suite à ses révélations, elle a été marginalisée par sa famille. Et on lui prête des intentions vénales ».

« Il nous dit circulez il n’y a rien à voir », résume le ministère public au bout des deux heures de débats.

Le procureur de la République revient sur des SMS envoyés à Margot par son cousin, « tu vas envoyer papi en tôle. Je sais que papi est un pervers. J’en suis conscient ». « Vous êtes enchristé dans le déni total. Margot doit faire les frais de l’oublie familiale. Vous avez fait et vous continuez à faire du mal », insiste Thierry May.

4 ans de prison dont 2 avec sursis

Une peine de deux ans de prison est requise. La défense remet en cause l’instruction, « elle a été orientée ». La relaxe est plaidée comme bien souvent dans ce type de dossier où la parole de l’un s’oppose à la parole de l’autre.

Paul Roubeix et ses assesseurs sont allés au-delà des réquisitions du ministère public. Patrick a écopé de 4 ans de prison dont deux avec sursis et notamment une obligation de soins. Le tribunal a constaté l’inscription du septuagénaire au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles et violentes (Fijais).

Les deux ans de prison ferme n’ont pas été aménagés ab initio. Patrick devra aller plaider sa cause devant le juge d’application des peines.


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