Société, Vie des communes

Andilly-Les-Marais : un vent frondeur souffle sur le projet d’éoliennes

A l’horizon 2024, trois éoliennes devraient être implantées à l’est de la commune d’Andilly. Si la majorité des habitants est pour ou silencieuse, un collectif de contestataires ne veut pas en entendre parler.

Cet article est également constitué d’un reportage vidéo à voir en bas de page.

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Le projet éolien d’Andilly devrait voir le jour après 2023. (©Ludovic Sarrazin. Illustration).

Le projet d’installer des éoliennes sur la commune d’Andilly-Les-Marais a été lancé par le conseil municipal et son maire Sylvain Fagot en octobre 2016.

Un projet qui réunirait sous forme de « société citoyenne », si elle était créée, la municipalité d’Andilly, la Communauté de communes Aunis Atlantique, l’association « A Nous l’énergie », le fond d’investissement Terra Energie et l’entreprise de Nouvelle Aquitaine Valorem constructeur et exploitant d’éoliennes.

« Entre 2014 et 2016 beaucoup de sociétés ont sollicité la commune pour implanter un parc éolien industriel. Nous avons toujours rejeté ces demandes. On a décidé non pas de subir l’éolien mais plutôt de le maitriser. On a fait un appel à projet pour que le parc qui devrait se développer sur la commune est une vocation citoyenne en impliquant la population et faire en sorte que la gouvernance ne soit pas confié uniquement à un développeur privé », explique Sylvain Fagot, le maire d’Andilly-Les-Marais.

Dernière minute : 11 mai 2021. Les membres du Conseil municipal d’Andilly ont donné un avis favorable au projet d’éoliennes sur la commune. 13 voix pour et une abstention lors d’un conseil extraordinaire.

Trois éoliennes

Une « société citoyenne » qui devrait voir le jour fin 2021 début 2022 et qui aura en charge la gestion du parc de trois éoliennes haute chacune de 210 mètres en bout de pâle et pouvant produire de 38 à 42 Gwh/an si le vent est de la partie. L’investissement est conséquent, de 25 à 27 millions d’euros.

Après 5 ans de travail et de concertation, la création d’un comité de pilotage, d’études d’implantation, de l’impact environnemental, l’aval du Parc naturel Régional du Marais poitevin et du vote d’une majorité d’élus de la Communauté de communes  Aunis Atlantique, les emplacements des éoliennes ont été déterminés. Elles devraient être construites à l’est d’Andilly et de la départementale 137 au sud de Sérigny.

Mais en mars 2020, un collectif d’habitants d’Andilly, le CACE voyait le jour pour contester l’installation de ces moulins à vent modernes. Ce collectif revendique à ce jour plus de 400 membres.

Un laboratoire éolien et des cobayes

« Le collectif s’oppose à cette installation car le projet nous parait complètement démesuré et en toute proximité de nos maisons. On qualifie ça de laboratoire éolien dont nous serions les cobayes. Et ce projet est anti citoyen et anti démocratique, il n’y a eu aucune consultation de la population », explique Gérald Canivet, membre actif du Collectif Andillais Contre les Eoliennes (CACE).

Depuis c’est une bataille de communication, de mots, d’arguments et d’actions d’habitants mobilisés qui s’est engagée. Le CACE va jusqu’à évoquer des agissements douteux, de petits arrangements entre élus et agriculteurs et des pressions de la part de Valorem, à la limite de la diffamation voire carrément diffamatoire pour le maire d’Andilly.

« On voit bien que c’est un projet business parce que Valorem fait preuve d’influence et de pression auprès des élus notamment au travers de la politique de petits cadeaux avec un minibus qui a été acheté par Valorem en grande partie et sur lequel il s’affiche et ce la fait plusieurs années que ce bus est sur la commune », indique Gérald Canivet.

Des accusations de corruption à peine déguisées que réfute catégoriquement Sylvain Fagot.

« Les accusations qui sont faites sur le minibus de la commune prouvent le ridicule des opposants puisque ce minibus n’appartient pas à la commune mais à la société Visiocom qui le met à disposition de la commune en échange de différentes publicités qui sont sur le minibus. Valorem apparait bien sur le capot mais il y a 13 autres enseignes sur le minibus et Valorem est loin d’avoir la publicité la plus grande. De plus la mairie paye pour avoir son logo sur le minibus donc nous ne touchons rien mais nous payons 780 euros par an », explique le maire.

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