Marans : tout savoir sur le tri de vos déchets et le compostage

Dans le cadre d’un atelier, jeudi 16 décembre, Laurie Barbeau, conseillère Zéro déchet de Cyclad, syndicat de collecte et de traitement des déchets du nord de la Charente-Maritime, est venu informer les utilisateurs de l’espace de coworking de la Caale, basé à Marans, sur le tri des déchets et les différentes étapes du compostage.

Le compostage et le tri des déchets sont les premiers gestes à adopter pour réduire l’impact du réchauffement climatique sur notre planète. (©AdobeStock Illustration)

Si aujourd’hui, Cyclad s’occupe de la collecte et la traite des déchets dans le nord de la Charente-Maritime, le syndicat compte bien étendre son champ d’action. Le processus est déjà engagé sur l’île de Ré et l’agglomération de Saintes par exemple. Au total, 234 communes et environ 229 000 habitants profitent de ses services.

Mais Cyclad ne s’arrête pas là. Son deuxième objectif est de sensibiliser et accompagner la population au compostage et le tri des déchets. Des actions entreprises dans le cadre d’atelier sur-mesure dans les écoles, les entreprises ou encore des espaces de travail partagés comme la Caale de Marans.

Comment s’organise le tri des déchets ?

Le défi de la collecte des biodéchets est au cœur des préoccupations de demain. Pour cela, Cyclad a semblé bon de rappeler les gestes à avoir en matière de tri des déchets pour poser une première base à la gestion de nos ordures.

Premier rappel : chaque poubelle possède un code couleur indiquant comment s’organiser dans la gestion de ses déchets. Au nord de la Charente-Maritime, les containers de couleur bleue sont réservés aux papiers et petits cartons (publicité, prospectus, journaux, courriers, catalogues, annuaires, etc.). La seule restriction concerne “les papiers gras, salis ou encore les films plastiques”. Vos mouchoirs ne doivent donc pas atterrir dans la poubelle bleue par exemple.

Des gestes qui doivent dorénavant devenir des réflexes pour espérer changer les habitudes des citoyens. Pour rappel, en mai 2019, selon une enquête Occurrence réalisée en ligne pour la société GRTgaz, la majorité des Français est sensibilisée à l’importance de trier ses déchets, mais une part importante d’entre eux ne sait pas toujours comment s’y prendre. Près d’un tiers d’après les chiffres rapportés par cette étude.

Mais les entreprises, les collectivités locales et les citoyens vont absolument devoir adopter ces réflexes. Le tri à la source sera obligatoire à partir de décembre 2023 d’après la loi votée en novembre dernier.

C’est pour cette raison que Cyclad souhaite sensibiliser au maximum la population. Sur la question du tri du verre, par exemple, tout le monde sait que des points d’apport volontaire sont mis à disposition dans chaque commune.

En revanche, peu de nos concitoyens savent qu’il est formellement interdit de mettre dans ces bacs à verre des miroirs (même en morceaux), des couvercles des pots en verre (destinés à la poubelle jaune), de la porcelaine, des ampoules ou encore de la vaisselle en verre. Tous ces éléments doivent être emmenés en déchèterie dans la bene à gravats.

Avec Cyclad, on a la volonté d’inscrire le déchet dans un circuit circulaire pour revaloriser le déchet et lui permettre d’avoir une seconde vie”, précise Laurie Barbeau, conseillère Zéro Déchet.

Autrement dit, les déchets ont tous une place bien particulière. La poubelle jaune est par exemple réservée aux bouteilles, flacons, barquettes en plastique ou en polystyrène, les pots et les gobelets. Par ailleurs, le polystyrène de calage doit être déposé en déchèterie pourtant il est possible de jeter les briques alimentaires avec leur couvercle.

Dans le bac vert, il est possible de jeter les produits d’hygiène, les petits objets cassés, les mégots, les sacs à aspirateur, les éponges ou encore le matériel scolaire. Cette organisation a bien évidemment son importance puisque tous les déchets ne sont pas traités de la même manière.

Les détritus de la poubelle verte partent directement en incinération contrairement aux autres qui sont envoyés en centre de tri avant de décider de son acheminement. La majorité est incinérée et l’autre partie et enfouie. Mais cet impact peut être largement réduit sur notre environnement. Pour cela, il suffit de respecter ces différentes consignes qui permettront de réduire votre consommation moyenne de déchets de 169 kg par an et par habitant à environ 30 kg.

Malheureusement, la marche semble être encore un peu haute. D’après une estimation de l’ONG Gestes propres, relayée par Le Parisien, les Français ont abandonné un million de tonnes d’ordures sur le territoire en 2020. C’est deux fois plus qu’en 2018, où l’association, qui collabore étroitement avec le ministère de l’Écologie, avait recensé 520.000 tonnes de déchets sauvages, jetés sur la voie publique.

Sur la voie du compostage

Comment les collectivités locales s’organisent-elles pour faire face à la généralisation du tri des biodéchets à la source? Quelles sont les clés et les contraintes pour relever ce défi? Quelles sont les bonnes raisons de composter ? Il est difficile d’apporter une réponse claire et précise à ses questions.

Depuis 2007, les Français produisent 4,6% de moins de déchets grâce notamment à la prévention, à la réutilisation, au réemploi, à la réparation et à la réduction du gaspillage alimentaire d’après l’Agence de la transition écologique (ADEME).

Laurie a informé les coworkers sur les réflexes à adopter pour optimiser le tri des déchets. (©Antoine Colin)

La synthèse 2018, dressée par l’organisme, révèle aussi que la mise en place de la tarification incitative a permis un acte de tri plus efficient pour les ménages. Ainsi, les Français sont sur la voie de la rédemption avec l’augmentation des biodéchets valorisés en compostage ou en méthanisation et une hausse du taux de recyclage grâce à la mise en place obligatoire du tri des déchets pour les entreprises.

Mais cela ne suffit pas à stopper la machine infernale du réchauffement climatique. L’environnement a besoin d’un coup de pouce supplémentaire et c’est bien la proposition de la Cyclad au travers de ses ateliers et ses actions au quotidien. À terme, l’objectif est de poursuivre cette tendance à la diminution de quantités de déchets envoyés en centre d’enfouissement ou d’incinération et de changer les mentalités.

Les biodéchets représentaient environ 28 % des ordures ménagères en 2019 et 67 % du territoire Charentais-Maritime possède un composteur. En s’appuyant sur ces deux éléments, il est facile de comprendre que le compostage doit aussi devenir un réflexe même s’il demande de l’attention et un peu de temps. Le territoire est armé pour préparer ce changement.

Le compostage est le symbole de valorisation des déchets”, explique Laurie Barbeau.

Pour réussir son compostage, quelques règles sont toutefois à respecter. Il faut d’abord trouver un équilibre entre déchets humides et secs. “Il faut alterner le type de déchets pour avoir une nourriture équilibrée”, précise la conseillère Zéro Déchet. Parmi les ordures du composte, on retrouve coquillages, épluchures, crustacés, fruits, légumes, coquilles, viande, poisson, café, thé, etc.

Ainsi, vous optimisez le développement de votre composte. Il faut aussi penser à l’aérer sur les 10-20 premiers centimètres. Brasser la terre va vous permettre à l’air de circuler et oxygéner les micro-organismes et favoriser la présence d’insectes qui favoriseront la décomposition de vos biodéchets.

Deux types de compostes pourront être utilisé si vous décidez d’adopter ce geste salvateur. D’un côté, vous aurez le composte jeune qui peut être appliqué en surface sur la terre ou sur les plantes peu fragiles, et de l’autre, le composte mature qui sert à protéger les plantes en cas de gel en surface ou en rempotage.

Grâce à ces conseils, Cyclad propose un raisonnement cohérent avec le modèle d’économie circulaire, en replaçant la production de déchets dans le contexte du cycle de vie du produit, depuis les matières mobilisées jusqu’au recyclage des déchets et leur transformation en matières premières issues du recyclage.


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