La Rochelle : il surprend sa femme avec son amant au lit et menace de lui crever les yeux

Rafal, un polonais installé en France depuis 1996, est accusé d’avoir voulu tuer sa femme et son amant suite à la demande de divorce de cette dernière.

Tentative de meurtre Tribunal La Rochelle ©Adobe Stock
Rafal a été condamné à quatre ans de prison dont un avec sursis et interdiction de tout contact avec Sylvie. (©Adobe Stock Illustration)

Rafal, l’accusé, aurait dû passer devant une Cour d’assises. Mais avec l’accord des parties, la tentative de meurtre a été requalifiée et jugée devant le Tribunal judiciaire de La Rochelle le 21 avril dernier.

« Vous avez déjà gagné. Votre victoire, elle est ici. Vous n’êtes pas devant une cour d’assises. Vous pouvez remercier votre avocat », a rappelé à plusieurs reprises le ministère public au cours de l’audience.

Des violences conjugales

Rafal est un chauffeur routier Polonais installé en France depuis 1996. En 1997 il se marie avec Sylvie* qui aujourd’hui est partie civile dans ce dossier, mais représentée par Me Fanny Hervé, « ma cliente est terrorisée. Elle n’aurait pas pu supporter cette audience ».

Une procédure de divorce est engagée. L’enquête aura mis au grand jour des violences conjugales que la victime subissait depuis de nombreuses années. Le 14 août 2020, cette dernière décide de quitter le domicile conjugal à Beauvais-sur-Matha. « J’étais fou. Je n’ai pas dormi pendant quinze jours », explique le prévenu qui le 26 août 2020 décide se lancer à la recherche de Sylvie. Il explique avoir posé un tracker sur son véhicule pour la retrouver.

Une version balayée d’un revers de main par la partie civile, « c’est grâce à votre ami informaticien que vous avez retrouvé la victime en localisant son téléphone portable ». Celui-ci borne dans la nuit du 26 août chez un menuisier à Château-d’Oléron.

Une barre de fer à la main et un couteau avec une lame de 20 cm

Vers 4 heures du matin, Rafal pénètre dans l’appartement une barre de fer à la main, un couteau avec une lame de 20 cm dans l’autre. Le quadragénaire surprend le couple au lit. « Vous vouliez tuer l’amant de votre femme », affirme le tribunal.

Sylvie s’interpose, tombe à genoux sur le sol et prend un coup de couteau à l’avant-bras qu’elle avait mis en parade pour se protéger le visage. « Vous vouliez lui crever les yeux », poursuit le tribunal.

Bien que grièvement blessée et perdant beaucoup de sang, Sylvie part avec son compagnon toujours afin de protéger son amant des velléités de Rafal. Pour ses plaies elle sera prise en charge par l’hôpital de Saint-Jean-d’Angely en expliquant qu’elle s’était blessée avec une tôle en chutant dans les escaliers. Rafal est également accusé de menace de mort sur l’amant de Sylvie qui est absent de l’audience et ne s’est pas constitué partie civile, « alors tu baises ma pute ? Je vais te crever les yeux », aurait-il lancé.

Des menaces aussi proférées à l’encontre de la victime, « tu prendras des coups de couteau direct. Dans le meilleur des cas, tu finiras handicapée, car je te retrouverai ».

Mais Rafal ne reconnaît que des violences verbales. Les conclusions des experts ne plaident pas en sa faveur, « le passage à l’acte reste d’actualité ». Ce qui explique en partie son maintien en détention provisoire.

Me Fanny Hervé est formelle, « ma cliente a vécu une tentative de meurtre. C’était sa propriété. Elle l’a simplement désarmé par les mots. Ce qu’elle souhaite c’est que vous la protégiez ». Le ministère public est tout autant vent debout.

Vous lui avez projeté la mort. Elle a sauvé la vie de son amant en s’interposant. Elle a eu un sacré instinct de survie. Vous n’inspirez que de la peur. Je suis inquiet », insiste le procureur de la République, Thierry May.

Une peine de 5 ans de prison dont 3 ans et 6 mois ferme est requise. Pour la défense, « je n’ai que des questions mais pas de certitude ». Dernier à prendre la parole Rafal finit par exprimer des regrets.

Après 5 heures d’audience, le tribunal l’a condamné à quatre ans de prison dont un avec sursis et l’interdiction de tout contact avec Sylvie. Qu’il devra d’ailleurs indemniser. Avec les remises de peine pour bonne conduite, le quadragénaire pourrait être libéré début 2023.

*Le prénom a été modifié.


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