Avertissement : Cet article aborde des sujets liés au suicide qui pourraient bouleverser certains lecteurs.
Des familles à travers le Royaume‑Uni sont restées furieuses après avoir appris qu’un homme canadien lié à des décès à travers le monde ne fera pas l’objet d’une poursuite distincte en Grande‑Bretagne.
Le dossier tourne autour d’envois de substances létales vendues en ligne et expédiées à des personnes dans des dizaines de pays, les enquêteurs affirmant que des centaines de personnes au Royaume‑Uni seulement ont reçu des produits reliés à ces sites.
Les autorités ont déclaré que l’affaire serait désormais traitée dans le cadre de procédures au Canada, où l’ampleur réelle des actes répréhensibles sera examinée par le tribunal lors de la condamnation, plus tard cette année.
Kenneth Law, âgé de 60 ans, est apparu devant le tribunal en Ontario, au Canada, vendredi et a reconnu 14 chefs d’accusation d’aide au suicide, tous liés à des victimes canadiennes.

L’Agence nationale contre la criminalité (NCA) et le Service d’Accusation de la Couronne (CPS) ont indiqué que 79 victimes britanniques qui sont décédées directement à cause de l’achat des produits de Law formeront une partie du dossier canadien plus large.
Les enquêteurs ont déclaré que Law avait vendu plus de 1 200 colis vers environ 40 pays à partir de sites basés au Canada. Au Royaume‑Uni, on estime que 286 personnes ont reçu ses produits, et 112 décès y sont liés.
La NCA et le CPS ont aussi informé les familles des personnes décédées que Law ne ferait pas l’objet de poursuites pénales au Royaume‑Uni en raison de la possibilité qu’il conteste son extradition après avoir été condamné pour des infractions similaires au Canada.
Les procureurs britanniques ont décrit Law comme un « auteur en série qui a exploité avec cruauté de nombreuses personnes vulnérables et innocentes, échangeant leur vie contre son gain financier ».
Une lettre envoyée aux familles expliquait pourquoi les décès au Royaume‑Uni seraient pris en compte à l’étranger.
Elle disait : « Nous reconnaissons que cela peut être douloureux à entendre, et que certaines victimes et familles endeuillées auraient peut‑être espéré une poursuite distincte en Angleterre et au Pays de Galles. »
« Cette décision difficile n’a été prise qu’après un examen approfondi de toutes les options disponibles. »
Damon Hayes, l’officier principal d’enquête de la NCA, a déclaré que l’inclusion des victimes britanniques dans le dossier canadien « garantit que toutes les victimes et familles au Royaume‑Uni verront justice ».

Il a ajouté : « Cette approche n’est pas inhabituelle dans les affaires impliquant des délits graves qui franchissent les frontières internationales. »
« Elle permettra au juge de prendre en considération l’étendue réelle du comportement criminel de Law, y compris le fait que ses actes ont provoqué des décès dans ce pays. »
Cependant, certaines familles ont fortement critiqué la décision.
David Parfett, dont le fils Thomas Parfett, 22 ans, est décédé à Sunbury‑on‑Thames, dans le Surrey, a déclaré : « Je suis en colère mais pas surpris. »
Il a ajouté : « Pendant des mois, on nous a dit que le système fonctionnait et que les mesures existantes étaient suffisantes. Ce n’est pas le cas. »
« Si notre propre pays ne poursuit personne pour ces morts, le moins qu’il puisse faire est d’organiser une véritable enquête sur les circonstances qui ont permis que cela arrive. »
Adele Zeynep Walton, dont la sœur Aimee Walton est décédée en 2022, a déclaré que « les portes se sont fermées » pour les familles cherchant justice.
Elle a ajouté : « Une audience de sentence étrangère ne peut pas répondre à cela. Seule une enquête publique statutaire peut le faire. »
Si vous êtes touché par cette histoire, Samaritans peut être contacté gratuitement au 116 123, par email à jo@samaritans.org ou en visitant samaritans.org.
