Les règles sont déjà suffisamment imprévisibles sans avoir à réfléchir aux façons dont les habitudes quotidiennes pourraient les influencer lors d’un moment difficile du cycle, mais une nouvelle étude a révélé ce qui se produit lorsque l’on consomme du cannabis pendant son cycle.
Quand il s’agit du cycle menstruel lui-même, les changements éventuels — d’un saignement plus tardif à des crampes plus intenses — peuvent résulter de diverses causes : le stress est généralement pointé du doigt en premier lieu, suivi par le sommeil, l’alimentation, les hormones et tout ce que la vie peut vous réserver récemment.
Cependant, si l’on compense une partie de ce stress évoqué en fumant de la marijuana et en allumant une cigarette ordinaire de tabac pendant ses règles, cette petite étude explorant le sujet a révélé un effet pour le moins inattendu.
Des chercheurs qui ont étudié des femmes utilisant à la fois du cannabis et du tabac ont constaté qu’elles avaient une phase lutéale nettement plus courte que celles qui n’utilisaient que du tabac. Il s’agit de la partie du cycle menstruel qui suit l’ovulation et précède les prochaines règles.

Dans l’étude, la durée moyenne était de 11,4 jours dans le groupe à co-consommation, contre 16,8 jours dans le groupe n’utilisant que le tabac.
L’étude, publiée dans J Addict Med, a porté sur 52 fumeuses pré-ménopausées âgées de 18 à 50 ans qui tentaient d’arrêter. Sur ce total, 13 femmes ont déclaré une co-utilisation actuelle de marijuana et de tabac, tandis que 39 utilisaient uniquement le tabac.
Les participantes ont utilisé des tests d’urine pour l’hormone lutéinisante afin d’aider à repérer l’ovulation, ce qui a permis aux chercheurs d’estimer les phases folliculaire et lutéale du cycle menstruel. Bien que l’étude n’ait pas montré de différences significatives dans la longueur de la phase folliculaire ni dans la durée totale du cycle, c’est bien la phase lutéale plus courte qui s’est détachée.
Cela s’explique par le fait que la phase lutéale est liée à la progestérone, une hormone qui joue un rôle important dans le cycle menstruel et la fertilité. Les auteurs ont déclaré qu’une phase lutéale raccourcie pourrait signifier une production moindre de progestérone, ce qui pourrait potentiellement compliquer la grossesse ou le maintien d’une grossesse en bonne santé.

Cependant, ces résultats s’accompagnent de mises en garde importantes. Tout d’abord, la taille de l’échantillon était faible, l’usage de marijuana a été enregistré uniquement par un rapport personnel binaire (oui/non), et les chercheurs n’ont pas recueilli de détails sur la fréquence d’utilisation, la quantité consommée ni le moment exact d’utilisation.
Deuxièmement, les niveaux d’hormones n’étaient pas disponibles pour cette analyse, ce qui signifie que l’étude ne peut pas prouver que le cannabis a directement causé ce changement.
Il y a également eu des commentaires ultérieurs attachés à l’article remettant en question la conception, ce qui rend encore plus important de ne pas considérer ces conclusions comme définitives.
