Alors que la première vague de chaleur de l’année continue de cuire lentement les Britanniques à travers le Royaume‑Uni, un avertissement a été lancé aux patients prenant certains médicaments sur ordonnance.
Des responsables du UKHSA ont émis ce matin (22 mai) une alerte chaleur‑santé de couleur ambre, à l’approche de ce qui pourrait devenir le jour férié le plus chaud jamais enregistré.
Les températures devraient grimper au‑delà de 28 degrés au cours des trois prochains jours, alors que les prestataires de soins de santé et les services sociaux se préparent à une augmentation marquée des admissions hospitalières.
Chez les personnes en bonne forme, le corps est généralement capable de déclencher les mécanismes internes qui permettent de maintenir une température corporelle basse. Cela inclut la sudation, le flux sanguin et l’équilibre des fluides. En revanche, chez les personnes souffrant de problèmes de santé chroniques, leurs médicaments pourraient entraver ces mécanismes de sécurité, rendant plus difficile le maintien de la fraîcheur lors de journées particulièrement chaudes.
Les médicaments sur ordonnance qui présentent un risque pendant de telles vagues de chaleur sont :

1) Antidépresseurs
Les patients souffrant de troubles de santé mentale, et plus particulièrement ceux qui présentent des épisodes dépressifs, pourraient être particulièrement exposés ce week‑end s’ils prennent des médicaments sur ordonnance.
La plupart des médecins prescrivent soit des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) soit des antidépresseurs tricycliques (ATC) pour ces conditions, qui influent sur les niveaux de sérotonine et de noradrénaline dans le cerveau.
Un effet secondaire est toutefois qu’ils ont été démontrés pour entraver la capacité d’une personne à transpirer en bloquant le neurotransmetteur de la sueur, l’acétylcholine.
Ainsi, une personne pourrait développer une intolérance à la chaleur, ce qui signifie qu’elle pourrait souffrir d’un coup de chaleur sans même s’en rendre compte.
2) Antipsychotiques
Prescrits pour les troubles mentaux tels que la schizophrénie et le trouble bipolaire, les antipsychotiques bloquent le neurotransmetteur dopamine, affectant en même temps les niveaux de sérotonine.
Selon les médecins, toutefois, cela peut influencer la capacité de l’hypothalamus – la partie du cerveau qui contrôle la température corporelle et les glandes sudoripares – à répondre à l’augmentation des températures, exposant à un risque similaire à celui des antidépresseurs.
Un patient peut ne pas être capable de ressentir la surchauffe ou d’avoir soif, ce qui pourrait déclencher des problèmes de santé graves comme une tension artérielle basse et un rythme cardiaque ralenti – ce dernier étant compensé par le corps en resserrant les vaisseaux sanguins, ce qui rend encore plus difficile de se rafraîchir.
Il faut aussi noter que les antipsychotiques contiennent des anticholinergiques, qui peuvent bloquer l’acétylcholine.
3) Médicaments cardiaques
Les patients présentant des affections cardiovasculaires comme une insuffisance cardiaque ou des arythmies peuvent se voir prescrire des bêta‑bloquants, qui abaissent à la fois la fréquence cardiaque et la force de la pompe du sang dans l’organisme.
Le problème est toutefois que les bêta‑bloquants peuvent limiter un flux sanguin idéal vers la peau, rendant plus difficile pour le corps de dissiper la chaleur.

De même, les diurétiques, utilisés pour traiter l’hypertension, augmentent la production d’urine quotidienne, ce qui pourrait provoquer une déshydratation dans les climats chauds. Cela, à son tour, pourrait rendre plus difficile pour une personne de transpirer.
Tel est aussi le cas du ramipril et du losartan – généralement prescrits pour l’hypertension – qui réduisent également l’envie naturelle de ressentir la soif.
4) Stimulants
Les médicaments utilisés pour le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) agissent en affectant les niveaux de dopamine et de noradrénaline dans le cerveau.
Un effet secondaire est toutefois que modifier les niveaux naturels de ces substances peut augmenter la température corporelle, altérer la façon dont le corps libère la sueur et pousser le métabolisme en surchauffe.
Tout cela peut rendre plus difficile pour le corps de se refroidir naturellement, surtout après l’exercice ou par temps particulièrement chaud, pouvant entraîner une déshydratation et un coup de chaleur.
Les stimulants sont aussi réputés pour réduire la sensation de fatigue d’une personne, ce qui peut l’amener à en faire trop physiquement pendant la vague de chaleur sans s’en rendre compte.

5) Insuline
Dans les climats plus chauds, le corps se refroidit en dilatant les vaisseaux sanguins.
Pour quiconque prend de l’insuline, cependant, ce processus pourrait signifier que ce principe est absorbé dans le sang beaucoup plus rapidement, avec un flux sanguin naturel vers la zone où le médicament est injecté.
Cela fera chuter le taux de glucose dans le sang beaucoup plus rapidement, ce qui peut provoquer une hypoglycémie, entraînant des étourdissements, des tremblements, des sueurs et de l’irritabilité. Dans les cas les plus graves, cela pourrait même provoquer une perte de connaissance ou des convulsions.
Des températures chaudes peuvent aussi dégrader l’insuline dans son emballage, ce qui affecte son efficacité et peut rendre le produit intérieur dangereux. C’est pourquoi il est préférable de stocker l’insuline au réfrigérateur.
