Les nouvelles règles britanniques entourant la pornographie sont entrées en vigueur et trois catégories précises sont devenues illégales.
À partir du vendredi 6 novembre, il sera interdit de posséder ou de diffuser des contenus pornographiques montrant des situations de strangulation ou d’asphyxie, des rapports sexuels entre personnes apparentées ou se faisant passer pour des proches, ou lorsque quelqu’un incarne un enfant de moins de 16 ans.
Cette mesure fait suite à la pression croissante sur les effets négatifs sur les femmes et les filles, qui a conduit les ministres à annoncer ces lois plus tôt cette année.
La baronne conservatrice Gabby Bertin était celle qui a formulé les recommandations dans son étude sur la régulation de la pornographie, diffusée en 2025.
Lors de l’annonce de l’interdiction, la ministre chargée des victims et de la lutte contre la violence envers les femmes et les filles, Alex Davies-Jones, a déclaré : « Ce gouvernement s’est engagé à réduire de moitié la violence envers les femmes et les filles en une décennie. Pour beaucoup de personnes, il reste encore facile d’accéder à une pornographie nuisible en ligne. »

Elle a averti : « Il ne s’agit pas de criminaliser des préférences sexuelles inoffensives. Mais la pornographie peut façonner ce que les gens considèrent comme une relation saine, en particulier chez les jeunes. »
« Le contenu qui normalise, ou même glorifie, la violence envers les femmes est dangereux et peut brouiller la frontière avec ce qui est acceptable dans la vie réelle. »
Et cela se reflète dans les chiffres : une étude menée par l’Institute for Addressing Strangulation en 2024 a révélé que plus d’un tiers des adultes âgés de 16 à 34 ans avaient déclaré avoir été étranglés ou étouffés au moins une fois lors d’un rapport sexuel consenti.
Une enquête du même organisme l’année dernière a également révélé que 43 pour cent des personnes âgées de 16 à 17 ans, actives sexuellement, avaient déclaré y avoir été confrontées.
Par ailleurs, le rapport de Baronne Bertin a montré que ce type de pornographie pouvait avoir des conséquences réelles et « dévastatrices », tout en mettant en lumière des jeux de rôle « troublants », notamment l’inceste et des adultes représentant des enfants.
Elle a indiqué que, en 2024, un inquiétant total de 4,1 milliards de vidéos consultées sur Pornhub comportaient des scénarios liés à l’inceste, selon Metro.
Elle a également affirmé qu’il y avait eu une « absence totale de surveillance gouvernementale » de l’industrie pornographique et que l’étranglement avait « pénétré le tissu » de la société et qu’il fallait « l’éradiquer de la culture ».

La Baronne Bertin a conclu : « C’est une excellente nouvelle que ces infractions entrent en vigueur, et ce n’est pas une seconde trop tard. »
« Cette modification légale, associée à une meilleure application et à une réglementation renforcée, enverra un signal sans équivoque non seulement aux entreprises qui hébergent et facilitent la pornographie, mais aussi à la société dans son ensemble, que les contenus extrêmes et violents qui encouragent des torts dans la vie réelle ne sont pas acceptables. »
À partir d’aujourd’hui, enfreindre l’interdiction — qui fait partie de la Crime and Policing Act — devient une infraction pénale, avec des peines variables selon les degrés.
Comme le rapporte The Independent, posséder ou diffuser une pornographie qui montre des strangulations ou des asphyxies, ou des rapports sexuels entre proches, sera passible d’une peine allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement.
De plus, la peine maximale pour posséder ou diffuser une pornographie montrant une activité sexuelle impliquant une personne qui est mineure ou qui feint de l’être est de trois ans d’emprisonnement.