Nous semblons obsédés par le ‘maxxing’ de chaque facette de nos vies de nos jours.
Du ‘vagina-maxxing’ et du ‘boob-maxxing’ jusqu’au ‘bum-maxxing’, il est clair que cette culture d’optimisation sans relâche ne va pas disparaître de sitôt.
Et le ‘childhoodmaxxing’ est la toute nouvelle tendance de ‘maxxing’, et une psychologue a expliqué exactement dans quelle mesure cela peut être bénéfique.
La psychologue éducative et clinicienne enregistrée auprès du HCPC, la docteure Sasha Hall, a expliqué exclusivement à Tyla tout ce qu’il faut savoir sur cette tendance qui déferle actuellement sur les réseaux sociaux.
La génération Z s’est ruée sur TikTok pour partager leurs expériences de ‘childhoodmaxxing’, l’un d’eux écrivant : « Récemment, j’ai découvert à quel point la vie se sent mieux lorsque je replonge dans les habitudes de l’enfance. »
« Regarder la télévision pendant une heure chaque matin avant le travail. Je suis en train de faire du childhoodmaxxing en ce moment », a écrit un deuxième, alors qu’un troisième ajoutait : « Se lever tôt juste pour s’amuser est tellement guérissant ».
Un autre a plaisanté : « Je l’ai fait pendant 2,5 ans et j’arrivais toujours en avance au travail. Je ne stressais pas dans les embouteillages. Et parce que j’avais hâte, j’étais assidu à me coucher tôt. »
Et un dernier TikTokeur a ajouté : « Je fais ça toute ma vie. Un Excellent début de journée. »

Qu’est-ce que le ‘childhoodmaxxing’ ?
La docteure Hall explique à Tyla que le « childhoodmaxxing » n’est pas un terme clinique mais un terme culturel apparu sur les réseaux sociaux.
« Il renvoie généralement à des adultes qui intègrent délibérément des éléments de l’enfance dans leur vie quotidienne afin d’améliorer leur bien-être », précise-t-elle.
Selon l’experte, le terme est « légèrement trompeur », car il suggère que les gens essaieraient de se comporter comme des enfants.
« En réalité, je pense que ce n’est pas tant l’enfance elle-même qui est en jeu, mais plutôt la reconnexion avec des besoins psychologiques qui ne disparaissent pas à l’âge adulte, tels que le jeu, le confort, le repos, la routine et le plaisir », ajoute-t-elle.

Quels sont quelques exemples de ‘childhoodmaxxing’ ?
À présent, les habitudes de ‘childhoodmaxxing’ peuvent varier d’une personne à l’autre, mais elles incluent souvent :
- Regarder des programmes télé nostalgiques
- Écouter de la musique de votre enfance
- Lire vos livres favoris
- Réaliser des activités artistiques et manuelles
- Jouer avec des jouets comme des LEGO ou accorder plus de temps à des hobbies qui procurent du plaisir pour le simple plaisir et non pour la productivité
« Beaucoup de ces activités ont quelque chose en commun », remarque le Dr Hall. « Elles encouragent les gens à ralentir, à s’éloigner d’une pression constante et à se reconnecter avec des activités qui leur paraissent familières, réconfortantes et émotionnellement restauratrices. »

Quel est l’impact du ‘childhoodmaxxing’ ?
« De nombreux adultes commencent leur journée en consultant leurs e-mails, en faisant défiler les réseaux sociaux ou en lisant les nouvelles, ce qui peut augmenter le stress avant même que la journée ne commence », expose le Dr Hall.
« Si remplacer cette habitude par un programme de télévision familier aide quelqu’un à se sentir plus calme, à mieux réguler ses émotions et à être mieux préparé pour la journée, cela peut avoir un impact positif pour certaines personnes. »
La question importante, souligne la psychologue, n’est pas de savoir si regarder la télévision est bon ou mauvais, mais de savoir si « cette activité vous laisse vous sentir émotionnellement reconstitué et prêt à vous lancer dans la journée, ou si elle ne fait que retarder le moment de faire face à celle-ci ».
Elle ajoute : « Des routines prévisibles peuvent aussi aider à réduire le stress. »
« Si regarder son programme préféré crée un départ de matinée plus doux et aide quelqu’un à passer au travail ou à l’université en se sentant plus calme, c’est quelque chose qui peut être réellement bénéfique. »

Pourquoi les adultes pourraient-ils pratiquer le ‘childhoodmaxxing’ ?
Selon le Dr Hall, cette tendance reflète quelque chose de bien plus vaste.
« De nombreux adultes se sentent dépassés par les pressions de la vie moderne et cherchent des moyens simples de ressentir du confort, de la familiarité et une sécurité émotionnelle », a-t-elle confié à Tyla.
« Les activités nostalgiques peuvent offrir un sentiment de prévisibilité et rappeler aux gens une période de leur vie qui semblait plus simple, même si ce souvenir n’est pas exactement fidèle à la réalité. Elles peuvent aussi encourager le jeu, la créativité et le repos, qui restent tous importants pour notre bien-être tout au long de l’âge adulte. »

Conseils sur le ‘childhoodmaxxing’
La chose la plus importante, selon le Dr Hall, est de « réfléchir à pourquoi vous vous engagez dans ces activités ».
« Il n’y a rien d’intrinsèquement malsain à regarder des programmes nostalgiques ou à revisiter des passe-temps d’enfance », assure-t-elle. « Ces comportements peuvent devenir des routines positives qui aident les gens à gérer le stress quotidien et à réguler leurs émotions. »
« Cependant, il vaut aussi la peine de se demander si l’activité vous aide à récupérer ou si elle vous aide à éviter quelque chose. »
Par exemple, si quelqu’un se tourne régulièrement vers des conforts d’enfance parce qu’il se sent épuisé, débordé au travail ou malheureux dans un autre domaine de sa vie, alors l’activité elle-même n’est pas nécessairement le problème.
Elle peut simplement masquer quelque chose qui nécessite aussi une attention.
« Pour moi, le childhoodmaxxing est plus sain lorsqu’il est utilisé intentionnellement comme l’un des outils pour soutenir le bien-être, plutôt que comme un moyen d’échapper à des émotions ou situations difficiles », a conclu la psychologue.
« Aimer la nostalgie n’est pas le problème. L’essentiel est de comprendre pourquoi cela aide et de s’assurer que cela soutienne votre bien-être plutôt que de remplacer le besoin de traiter ce qui vous cause du stress en premier lieu. »
